"
On entendait déjà les premiers échos de la fanfare qui devait tourner au coin de la rue de l'Abbé Pierre. Il courut chez Blanchard en espérant qu'il pourrait le dépanner."
Nil Pétarbrock écrivait ces lignes dans une
fiction brève récente. Il avait crû bon inventer une rue de l'Abbé Pierre en temps de patriotisme ostensible. C'était peut-être un peu trop d'optimisme encore, si j'en crois le
Marianne du 31 mars. Page 40, dans la rubrique
Ils l'ont fait, je lis en effet ceci :
"L'abbé Pierre, longtemps plébiscité comme la personnalité préférée des Français, n'aura pas fait long feu dans le coeur de certains habitants d'un lotissement de Lesparre, en Gironde. Alors que le maire proposait au conseil municipal de baptiser "rue Abbé-Pierre" la voie centrale qui dessert le lotissement, un nouveau propriétaire s'est exclamé : "
Nous n'habitons pas une cité HLM ! Donnez ce nom à l'un de vos centres sociaux. Au prix où nous avons payé nos maisons, nous méritons mieux !"
Le maire n'en démord pas, la rue portera le nom du créateur d'Emmaüs, sinon il imposera "rue Pinochet".
Marianne se permet une autre proposition : "rue des Harpagons"."
On frémit pour le Président, lui aussi exilé dans un lotissement de Gironde. Bien qu'en y réfléchissant cinq secondes, on peut supposer que lui aussi aurait fait grise mine devant une telle appellation. Mais absolument pas pour les mêmes raisons.
Les raisons des bouffeurs de curés et des contempteurs de la calotte ne sont pas celles des parvenus et des rentiers frileux.