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Chronique de l'insignifiant : Au fin fond d'une ville de province

Dans le Libération du 14 mars, portrait du linguiste Alain Bentolila, qui vient de pondre un nouveau rapport sur le vocabulaire à l'école. Bentolila est très apprécié par  le ministre pour sa capacité  à vous ficeler fissa un bon petit  rapport qui vous ramène aux "fondamentaux". C'est qu'il ne s'embarrasse pas de savoir ce qui se passe dans les classes : temps perdu. Il court à l'essentiel, confiant dans la supériorité de son intuition et la certitude de sa science. Le verbe contre la barbarie, c'est le titre de son dernier livre (oui, en plus des rapports, il écrit des livres) : c'est beau, ça vibre d'humanité, comment ne pas applaudir des quatre mains ?

Mais je ne veux pas polémiquer sur la pédagogie, trop fatigant. Non, je veux juste relever un petit détail du portrait  de Véronique Soulé. J'ai en effet appris avec quelque surprise que le sémillant linguiste avait  en sa folle jeunesse studieuse posé ses mocassins au pays des bouseux  : "Arrivé en France en 1961, il décroche la deuxième partie de son bac philo. Après des études d'anglais à l'université, il enseigne quelques années à Châteauroux. Mais très vite il se rend compte qu'il ne veut pas de cette vie-là, seul face aux élèves, au fin fond d'une ville de province."

Au fin fond d'une ville de province.
J'espère que vous appréciez la formule. Je vis donc moi-même au fin fond d'une ville de province. D'ailleurs une ville de province a-t-elle une surface ? Non, une ville de province , ce n'est que du fond, et du fin. Enigme topologique de la ville de province. Dont le vocabulaire de ses habitants touche le fond, bien entendu.

J'ai pris ce soir ma leçon de mots : une lecture de nouvelles d'Erri de Luca par deux comédiens tourangeaux, chez l'habitant. Deux scaphandriers de la culture dans les abysses du Berry profond.
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K
Affaire Bentolila<br /> Moralité: Il vaut mieux vivre dans le trou du cul du monde que dans un monde de trous du cul .<br />  
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P
Eh non, les Brass soeurs, je n'ai pas oublié le Doudou (l'énergumène peut en témoigner, je n'avais moi qu'un jour de retard),  je lui ai passé un petit mot par courriel. Oui, j'avais un gros coup de flemme à reprendre tous les anniversaires dans le blog : j'ai stoppé la tradition qui était en train de s'établir (archives à l'appui). Ce qui ne veut pas dire que je pense moins aux amis, bien au contraire, mais je veux écrire toujours par plaisir, non par obligation. D'où aussi les absences ici parfois, les trous dans la trame des jours. La tasonnite, oui, du tason taiseux mais qui n'oublie pas.
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D
aprés une relecture des archives tasonnes,(en graissant régulièrement) nous remarquons que le PPESE pris d'une crise de tasonnite aigüe a oublié l'anniversaire de notre ami tason Doudou...pas nous, pas nous...................bon anniversaire Doudou(avec 2 jours de retard) bisous des Brass soeurs tasonnes....
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J
Inscrit en linguistique à Paris 5 il y a quelque temps, j'avais le choix pour le cours de linguistique générale entre Alain B. et Michel Sourdot ; Je suis allé à celui de Bento qui était moins tard. Bento y pratiquait pompeusement une pédagogie de la maïeutique qui consistait à amener les étudiants à poser eux-même les problèmes. Ayant fait remarquer qu' une prémisse énoncée me semblait erronée du point de vue des sciences cognitives dans l'état où elles étaient alors, (un truc du genre le mot qui nomme une odeur vient-il en même temps que l'odeur est identifiée), A.B. m'a rapidement éconduit en maintenant sa position sans pour autant argumenter, et poursuivi sur cette base. J'en ai conclu que sa maïeutique à la con il pouvait se la garder, et suis allé voir le cours de Sourdot (de 18 à 20h). Là on avait un prof béton (ancien 68 tard et pêcheur le week-end dans le Bourbonnais) qui déroulait magistralement son cours tel que la logique de la linguistique fonctionnelle le lui prescrivait, ne s'inquiétant pas que les étudiants soient amenés eux-même à formuler ce qu'il voulait nous dire, mais acceptant toute remarque et intervention avec intérêt, quitte à en découdre pour défendre son point de vue. En plus on en est rapidement venu à proposer des exemples propres à déconnades de bon aloi.Voilà pour ajouter au dossier Bento. Ceci dit, je me réjouis que son autorité de linguiste patenté serve de caution à un retour à un enseignement plus structuré de la grammaire, même si le sien correspondait plutôt à une forme nébuleuse qu'il remet en cause dans le primaire.
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