Sur cette seule plate-forme,
Over-blog (que nous continuons de plébisciter pour son absence de publicité, ce qui est loin d'être le cas de la plupart des autres), ont été créés plus de 600
000 blogs. Certains vont maugréant que la
blogosphère c'est n'importe quoi. Mais nous nous réjouissons, ici aux Tasons, que ce soit souvent n'imprte quoi. Heureusement que c'est
souvent n'importe quoi. Imaginez un peu que chaque jour un type de génie, ou même simplement doté d'un petit talent, ouvre son espace, ponde avec régularité des billets intéressants. Très
vite, on serait dépassé par la matière à lire, à explorer. On en concevrait des frustrations infinies. Ah oui, heureusement que la plupart des sites qui ouvrent ne tiennent pas la distance ou tout
simplement nous laissent complétement indifférents. Les
recettes de Mimi, les voyages de
René en camping-car, le scrapbooking de Tata Arlette, les humeurs du facho du coin, les blagues mille fois pompées, les skyblogueries, tout ça, loin de
m'indigner, me rassure. C'est comme la télé. Pas bonne la télé ? Mais heureusement ! Grâce à sa relative médiocrité (relative, car il y passe tout de même des choses parfois passionnantes et que je
rate souvent), à nous les soirées lecture, ou internet, ou bricolage (je ne parle pas pour moi).

Et j'irais même plus loin, c'est pareil avec la communauté humaine : si tout
le monde était passionnant, sympathique, ouvert, si chacun partageait nos passions et notre façon de voir le monde, nous serions immensément rongés devant tant d'amitiés potentielles que nous ne
saurions cultiver faute de temps. Heureusement, la plupart des gens ne suscitent en nous aucun intérêt particulier. Certains même nous exaspèrent, nous portent sur le système. Vive les cons ! Ils
nous font doublement apprécier nos vrais amis. Vive les médiocres ! Ils permettent de distinguer ceux qui nous aident à vivre par leur présence, ou la simple certitude de leur existence. Car
l'amitié est discontinue, granulaire. Passé la prime ou seconde jeunesse (et dans le cas de la tasonnerie, certains iraient jusqu'à considérer qu'elle s'étira au-delà du raisonnable...), jeunesse
où l'on vit les uns près des autres, on ne voit plus si souvent nos amis (certains ne se laissent voir qu'un certain jour de février), mais ils restent ineffaçables, inscrits à jamais dans cette
part de l'humanité que l'on chérit.
Toute petite part. Quelques dizaines d'hommes et de femmes sur six milliards d'individus. Une misère.
Bon, tout ça pour en revenir à ma phrase du début, sur les blogs, je voulais donc préciser que sur les millions de blogs qui existent, j'en suis une petite cinquantaine. Et que c'est déjà beaucoup.
Je les suis, pour la plupart, ici, grâce à
Netvibes. Vous pouvez y aller, cela vous donnera une petite idée de ce qui me retient ici-bas.
Ils appellent ça un univers. Cet univers, je l'ai appelé
Alluvions, comme le titre d'un recueil de poésies depuis vingt ans
inédit.
Voilà plus d'un an que je m'en sers, j'en parle seulement aujourd'hui. Je me demande bien pourquoi. Histoire de causer sans doute, ou de partager quelque chose.
Alluvions, comme les sédiments d'une vie accumulés par les mille courants traversant chaque existence. Or et boue mêlés.
PS : Les liens vers recettes de Mimi et voyages de René ont été trouvés après coup, après écriture. Incroyable quand on y pense, on tape dans Google René voyage camping-car
et on
trouve un René tout fier de faire défiler ses photos pourries sur un espace gratuit constellé de pubs. Je n'ai pas eu le courage de chercher pour les autres.