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Jocelyne à l'arrière des berlines (3)

Résumé : le narrateur, malmené sur le concours, craint que François Germain, qu'il a cocufié il y a trois ans, ne soit revenu pour se venger. Le Curé, lui, est en pleine bourre.

Farid pointa une boule à trente sur le côté. François se devait à nouveau de faire parler la poudre. Comme la première fois, il prit son temps, se campa solidement dans le cercle qu'il prit même le temps de redessiner et envoya un autre boulet de canon. Carreau. Quelques applaudissements fusèrent et le papy quitta son banc en maugréant.

Allait-il me gratifier d'une nouvelle oeillade assassine ? Non, il se contenta de se tourner vers ses partenaires qui le complimentaient avec excès, comme s'il avait fait le tir du siècle.

Bon dieu, quelle déchéance, jouer avec ces deux enflures. De notre temps, jamais François ne se serait abaissé à concourir avec de pareils coquins. Encore une fois, était-ce un choix pervers destiné à me mettre les nerfs ?

Ne restait qu'une boule à Farid. Les autres avaient trois points par terre et encore une boule à jouer. Vas-y Farid, mon vieux, colle-leur un devant de boule ça limitera toujours les dégâts. Malheureusement le pointage c'est pas trop son affaire au Farid, ce gars-là n'aime que tirer et le voilà qui envoie son melon à quatre-vingt centimètres sur la gauche, ne cassant qu'un seul de leurs points.

Trimard a tôt fait de l'expédier avec une bonne raclette à la mode du Curé et en plus sa boule est restée dans le coinstôt. Bien bonhomme, t'es le meilleur, lui bave le Curé. 4 à 0, ça commence plutôt mal.

 

Bien, bonhomme bien bonhomme . . . bon sang, qu 'est-ce que je fous là ? Sylvain doit se demander la même chose . . . de notre temps, si on m 'avait proposé de jouer avec Trimard et le Curé, j'aurais pris ça pour une grosse vanne  même pas drôle,  et me voilà flanqué de ces deux porcs répugnants. . . il faut dire que j 'avais pas le choix. . . je voulais revoir Sylvain, je me suis pointé sur le concours en solitaire, Trimard et le Curé cherchaient un gus parce leur troisième leur avait fait faux bond,  c 'était la seule équipe à compléter. . . Ils  étaient plutôt surpris les lascars,  et ravis de I 'aubaine.. . Et en avant,  coup du sort,  je tombe sur Sylvain au premier tour... C 'est bizarre la vie,  elle ménage parfois de drôles de coïncidences. . . On s’est pas serré la louche, comme c 'est la coutume . . . Ni les uns ni les autres d'ailleurs,  c 'est dire l 'estime mutuelle . . En plus on a gagné la pièce,  alors crac,  dans la sablette bien sûr,  Sylvain a fait grise mine . . . Tiens,  le voilà qui pointe,  il doit encore rattraper les écarts du Gros-Louis  qui se décompose au fil des minutes. . . pas mal la boule . . . dix sur le côté... à toi Curé . . . pan... tiens, Sylvain, tu me regardes maintenant,  tu essaies de savoir si je me réjouis que ta boule se soit faite éjectée... c 'est ça,  tu guettes mon œil vengeur. . . il faut dire que le premier regard que je t 'ai adressé n 'était pas spécialement chaleureux,  excuse-moi,  j 'ai fait un peu de comédie là-dessus, j 'ai eu tort, car j 'ai bien l’ impression que tu I 'as pris au sérieux,  mon regard de grand fauve blessé, mais grand dieu,  si j 'avais dû me venger , je I 'aurais fait il y a trois ans, quand j 'ai appris que tu couchais avec Jocelyne. . . C 'était pas  la première fois qu’elle me trompait, mais avec toi ça m 'a fait mal  c 'est vrai,  tu étais mon  meilleur ami, il me semblait qu’on  partageait quelque chose, à part les boules… dans  un sens, je me gourais pas puisqu 'on se partageait Jocelyne . . . elle est pas restée longtemps avec  toi d'ailleurs, après mon départ pour la Guyane... trois petits mois et puis envolé I 'oiseau .. . J’ai su que t 'en avais bavé aussi , parce que ce que tu n' avoueras jamais,  c’est que tu en étais tombé amoureux de ma Jocelyne . . . faut dire que sans être vraiment belle elle avait un chien fou et elle faisait bien l 'amour à I 'arrière des voitures, elle avait gardé ça de son adolescence,  elle n'arrivait à prendre son pied que dans un véhicule , si possible au fond  d 'un chemin... encore à toi, mon Sylvain,  tu vois tu t 'énerves et tu commences à mal jouer,  et faut pas compter sur Farid pour te rattraper . . .

(A suivre)

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H
Moralité de l'histoire : Jocelyne partage les boules des pètent en choeur.
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