Résumé de l'épisode précédent : Le Président a envoyé le PPESE en mission à Barcelone vérifier s'il était possible d'y manger des diots.Le train de nuit pour Barcelone était réservé pour 18 h 54, gare Saint-Jean à Bordeaux. Nous sommes partis, à notre sens, largement en avance, vers 17 h 15, de l'océan où nous avions procédé aux derniers tests d'ergonomie de sieste en milieu dunaire. Soixante kilomètres environ nous séparaient des quais.
Nous comprîmes vite en arrivant sur la banlieue bordelaise que la
racaille dynamique (RD) avait bel et bien décidé de nous mettre des bâtons dans les roues : elle avait multiplié les travaux dans ces zones livrées aux grandes surfaces dans le dessein noirâtre de nous retarder et de nous exciter la bile. Je ne parle pas des déviations pièges à cons que nous nous gardâmes bien d'emprunter, suite aux conseils d'avisés girondins que la Providence tasonne avait bienheureusement mis sur notre route.

Une fois franchi ces goulets d'étranglement, il fallut affronter une kyrielle de feux rouges totalement désynchronisés : la Laguna Break conduite d'une main de maître par le beau-frère progressait en sauts de crapaud. A 18 h 15, nous étions encore dans les limbes de la métropole.
Nous parvenions enfin près du grand centre commercial de Mériadeck lorsque la RD sortit son arme fatale : l'absence de signalisation. La gare Saint-Jean jusque-là indiquée avait disparu des panneaux. Un sursaut mémoriel d'une partie de mon équipe nous permit tout de même après un tour de place gratuit de s'engouffrer dans la bonne avenue.
Il était 18 h 30, et selon une brave dame accostée sur le trottoir, il allait être très difficile de rallier la gare dans les temps impartis : sa moue pathétique faillit nous plonger dans le désespoir.
C'est alors que Michaël, conducteur d'ordinaire placide et d'une exemplaire correction quant au respect du code de la route, sortit l'introuvable plan B : il s'inflitra dans les couloirs de bus et dévala le boulevard avec l'aisance d'un Samy Naceri enfumant la Canebière.
Grâce à ce gymkhana d'une grande beauté visuelle, et à un dernier arrêt spectaculaire dans la cour de la gare, nous déboulâmes sur le quai à 18 h 55, juste au moment où les voyageurs venus de Paris descendaient du TGV.
J'eus même le temps de composter. Un tason aime bien être en règle.
A nous, Barcelone !
Tel Don Quichotte, le PPESE appareille pour Barcelone. La racaille dynamique a-t-elle dit son dernier mot ? Suite au prochain épisode.