On va croire à une plaisanterie, mais ce n'en est pas une. Pascal Courtaud, fraîchement réélu maire d'Aigurande, est en passe
de faire coup double : non content d'avoir attiré le Tour de France sur sa petite ville en obtenant un départ d'étape, il inaugurera peut-être dans quelques
années une des premières annexes rurales de l'établissement culturel le plus prestigieux de notre pays. Si l'on en croit Le Monde du 31 mars, Le Louvre a en effet décidé de
créer quatre "succursales" délocalisées dans des régions peu favorisées du point de vue culturel. Après le projet si controversé du Louvre à Abou Dabi, qui devrait ouvrir en 2012, dans un bâtiment conçu par Jean Nouvel, et le projet de Louvre-
Lens, prévu pour 2010 afin d'apporter la culture chez ces arriérés de Ch'tis, voici maintenant le projet Louvre à la campagne. Céline Guichard, directrice de la communication,
a présenté jeudi dernier devant une commission de sénateurs les quatre bourgades pressenties pour cette opération : il s'agirait de Saint-Chély d'Apcher, en Lozère, de
Thoiry en Savoie, d'Ammerschwirh en Alsace, et donc d'Aigurande, dans l'Indre.
Dans ces quatre localités choisies en particulier pour leur éloignement des grands centres culturels, mais aussi selon d'autres critères qui n'ont pas encore été révélés, un bâtiment sera construit
au coeur même du bourg, destiné à accueillir les collections prêtées par le Louvre. La conception en sera confiée à quatre architectes différents recrutés sur concours. Seule contrainte connue pour
l'instant : la mise en place sur chaque site d'une pyramide qui devra rappeler celle de la cour Napoléon. Celle d'Aigurande pourrait avoir l'aspect d'une pyramide de Pouligny
Saint-Pierre, mais cette rumeur n'a pas encore reçu de confirmation.
Cette réalisation qui ne devrait voir le jour qu'en 2012 apportera bien sûr un souffle nouveau à tout le département. Nul doute que les touristes auront à coeur de faire une halte à Aigurande pour
y savourer non seulement le calme d'une campagne encore préservée des nuisances de la ville, mais aussi les chefs d'oeuvre éternels de notre patrimoine national et mondial. D'ores et déjà, Pascal
Courtaud nous a confié qu'une exposition sur les peintres oubliés du XVIème siècle aurait lieu courant 2013, en présence des artistes. C'est aussi bien sûr la promesse de plusieurs dizaines
d'emplois nouveaux.
Cette dynamique ne semble pas près de s'éteindre puisqu'on murmure déjà que Louis Pinton, président du Conseil Général de l'Indre, aurait signé un protocole de faisabilité avec les
responsables du musée d'Orsay. Les grands impressionnistes, de Monet à Renoir, à Orsennes... On y rêve déjà !
Une fois n'est pas coutume, mais sur ce coup là les tasons ont de l'avance, il y a beau temps qu'ils ont lancé des passerelles entre Thoiry (et le vin des abîmes de Félicien) et Aigurandes. Dis! tu prends du beauFORT ?