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Article austère

"L’art correspond aussi à une blessure. On a été blessé quelque part, et par l’art on arrive à exprimer à retrouver ce qui était perdu, une partie, pas plus je pense. Presque tous les artistes sont passés par des épreuves diverses. L’art est un moyen de traverser ces épreuves et de les transmuer dans quelque chose d’autre. Disons que la plupart des gens n’ont pas ce besoin. Quant on dit « l’art pour tous », on dit à la fois une grande vérité et une sottise. La vérité est que les moyens de l’art sont ouverts à chacun, et que chacun peut trouver un moyen de s’exprimer, mais croire que tout le monde peut s’exprimer d’une manière valable pour les autres, c’est une erreur. J’étais frappé par une pensée de Simon Leys : la démocratie et l’égalité sont les idéaux de la politique, cela s’applique à la vie sociale, mais pourquoi pas à l’art. L’art suppose de tels efforts que beaucoup ne sont pas disposés à s’y engager, ou n’en ont pas besoin. Mais, par contre, cela fait du bien à tout le monde, cela fait du bien aux enfants de modeler, de s’exprimer d’une façon quelconque. Ce qui ne signifie pas que c’est quelque chose de valable à un autre niveau."

Extrait de l'entretien d' Henry Bauchau avec Yun Sun Limet, à lire sur le site Remue.net.

La première pièce de théâtre d'Henry Bauchau, Gengis Khan, a été créée par Ariane Mnouchkine aux arènes de Lutèce en 1960.

Pour en savoir plus sur cet écrivain, légèrement tason, (il n'a publié son premier livre qu'à quarante-cinq ans), le dossier des Moments littéraires.
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