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Etre bête (encore une histoire de vaches)

Je me demande si je ne vais pas finir par  créer une rubrique spécial vaches.  La vache me poursuit (ou je poursuis la vache). Je ne peux plus voir  une couverture   avec des vaches dessus sans avoir envie de lire  le livre séance tenante. C'est ce qui m'est  arrivé récemment à la médiathèque avec  Etre bête, un petit volume  chez etre-bete.jpgActes Sud, écrit par  deux nénettes, Vinciane Despret et  Jocelyne Porcher.  Déjà les noms,  Despret et Porcher, c'était bien trouvé  pour  une étude sur les vaches et les cochons...  Même pas des pseudos,  ces deux filles-là  c'est du sérieux :  Vinciane Despret est philosophe et Jocelyne Porcher  est chargé de recherches à l'INRA. Elles ont été respectivement  commissaire et conseillère scientifique  de l'exposition "Bêtes et Hommes", organisée à l'automne 2007 à La Villette. Du sérieux, je vous dis.

Et la question  dont elles s'occupent  n'est pas une mince question, à savoir quelle est la différence entre l'homme et les animaux. Là-dessus, penseurs, scientifiques, bavasseurs et fafioteurs patentés ont  déblatéré sans relâche, sans se mettre d'accord bien entendu. Plutôt que de refaire un tour d'horizon de  soi-disants spécialistes de la condition animale, Jocelyne et Vinciane ont interrogé les éleveurs, ceux qui vivent quotidiennement aux côtés des vaches, des moutons et des cochons. Oui, vaches, cochons, moutons, parce qu'elles se sont aperçues qu'on en savait finalement beaucoup plus sur le dauphin et le bonobo que sur nos nos gorets et nos limousines.

Bon, elles n'ont pas interrogé nos éleveurs tasons à nous, Jean-Luc G., Jean-Michel Le J., ce qui est bien dommage (mais le livre ne serait peut-être pas sorti avant 2010), mais elles ont quand même trouvé de chouettes gars qui savent de quoi ils parlent. Ce Philippe Roucan, par exemple, qui écrit joliment que "La vache, c'est un herbivore qui prend du temps pour faire les choses." Alors que disent les éleveurs ? En quelques mots, que leurs animaux sont sensibles, intelligents, doués de volonté et capables de deviner ce qu'on attend d'eux. Un discours qui tranche sur le discours scientifique et zootechnique, et rappelle plutôt celui des naturalistes du XIXème siècle. On a beaucoup souri de cette naïveté de ceux-ci qui n'hésitaient pas à prêter des intentions et des iniatives à la gent animale, mais on commence à en revenir :  j'aime bien les développements du livre sur la "meneuse", la vache qui conduit le troupeau, "courroie de transmission de la confiance ; elle a confiance en son éleveur et reçoit celle de son groupe". (...) Avec la meneuse, dit Paul Marty, "je les emmenerais au bout du monde."

vache--leveur.jpg




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T
test
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P
Cher DomPic, la meneuse ne conduit jamais ses soeurs à l'abattoir, mais vers une belle pâture si possible en bord de rivière. Puisse la première vache de France nous conduire vers les verts pâturages dont jadis  tu nous régalas l'oreille, ô spaggiarique limousin ! (Mais j'avoue avoir quelques doutes)
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L
Et même dans l'actu : on a de nouveau une première vache de France !
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D
Cher PPSE, l'affection qui lie l'éleveur à la meneuse et la soumission du troupeau à cette même meneuse ressemble furieusement aux rapports entre un chef de camp, un kapo et des déportés. Cette meneuse trahit sa classe et subira quand même le  sort que ses congénères ...On peut aussi faire un parallèle avec les rapports aux rapports qui lient un patron, un cadre et des ouvriers. Le cadre, pourvu qu'on lui donne un semblant de pouvoir, un peu de foin en plus, en fera baver aux ouvriers. Il n'empêche qu'il giclera de la même façon si le besoin s'en fait sentir.Moralité : la conscience de classe devrait passer aussi par la cour de ferme.
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L
De mal en pis.
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