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La fiction brève du dimanche : Le retour des cannibales

brenne-flaques.jpgEt puis l'époque vint de la réapparition de l'anthropophagie. Certes, comme d'habitude, cela commença sous le manteau, dans l'ombre des mafias et le bruissement des tuyaux télématiques. Rien ne filtra jusqu'à ce qu'un journaliste un peu hardi (l'espèce devenait rarissime) révéla une étrange collusion entre certains établissements pénitentiaires et une grande entreprise de restauration collective. L'escalope de dinde ou les boulettes de viande  que celle-ci était censée offrir à ses clients n'étaient autres que de la chair de prisonniers euthanasiés. L'affaire fit grand bruit, on renvoya plusieurs directeurs corrompus jusqu'à la moelle, mais les moins hypocrites des juges du moment avouèrent, en dehors des micros, que la pratique n'allait malheureusement pas cesser pour autant : il fallait se rendre à l'évidence, la planète ne parvenait plus à nourrir ses habitants, et les plus pauvres ne pouvaient plus se payer de la barbaque à cent cinquante euros le kilo.
Ne pouvant plus endiguer le trafic de viande humaine qui dépassait maintenant le cadre des prisons, et se répandait dans toutes les classes de la société, le gouvernement choisit de donner un cadre juridique strict à sa  consommation. Une commission de philosophes, de légistes, de sénateurs et de bouchers-charcutiers fut chargée de légitimer cette révolution dans le mode de vie. On inventa des euphémismes, on parla de viande non-animale, on interdit l'approvisionnement en maison de retraite, on fut intraitable sur la traçabilité, on privilégia les accidentés, les victimes de catastrophes ferroviaires et aériennes (curieusement elles devinrent de plus en plus nombreuses), les émigrés clandestins (surtout les jeunes), mais comme le total de tous ceux-là ne permettaient encore pas de subvenir aux besoins, on ferma pratiquement les yeux sur un marché parallèle juteux, contrôlé en sous-main par la police.

Dix ans à peine après cette phase transitoire, toute mauvaise conscience disparut (les éternels bougons et passéistes  furent réduits au silence médiatique et parfois même carrément boulottés à la suite d'attentats manducatoires). Des magazines de consommateurs publièrent sans vergogne des bancs d'essai où la viande non-animale de divers élevages était testée selon des critères de plus en plus rigoureux. Le meilleur étant bien sûr l'élevage bio, certfié par le label Ecohomocert. La filière polynésienne (l'Océanie ayant pratiquement  disparue à la suite de la montée des eaux) était alors la plus prisée, et une chaine de fast food d'un nouveau genre supplanta définitivement le vieux Ronald Mac Donald.
La population mondiale tomba en vingt ans de quinze à  quatre milliards d'habitants. Le retour à des viandes animales était dès lors envisageable, mais à l'évidence cela répugnait à l'immense majorité. On l'eût regardé comme une immense régression.
Quoi, manger de la vache, de la poule, du porc même ? !  Cela étonnait tout autant qu'un homme d'autrefois qui aurait consommé de la limace ou des scolopendres.
Les plus hautes autorités morales ne se privèrent pas de  rappeler  la parole d'un antique  visionnaire :  Prenez et mangez ; ceci est mon corps livré pour vous."
  
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A
Je pense que ce pauvre Nil n'aurait pas dû prendre 3 fois du cassoulet. Je sais bien qu'il veut s'entraîner ferme pour le banquet, mais si c'est pour se mettre dans cet état là et vouloir dégoûter les autres ...
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P
Que nous fait que le tatou bombe les soies aux foires des bonds...... tout ça appelle à mon souvenir cet excellent bouquin de Jean-Bernard Pouy : "La chasse au tatou dans la pampa argentine" (foin de paraître pédant, au moins, ça nourrit les vaches...).A propos : je ne serais pas des vôtres le 23 (week-end déjà réservé de longue date : ça tasonne dur ici aussi...) ; à l'an prochain alors !
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K
Et le tabou tombe ...le soir au fond des bois.
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D
Résumé de la fiction brève du dimanche L’anthropophagie a en commun avec l’aérophagie que quand le tabou tombe, on ne peut plus faire marche arrière.
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D
et la prophétie de Soleil vert se réalisa !
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