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La fiction brève du dimanche : Pop-corn qu'il grignotait en douce

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Il aimait le cinéma art et essai de sa petite ville.
Presque autant que sa solitude. Et cela tombait bien,  car il ne devait jamais être plus de  sept ou huit à chaque séance de l'Alhambra, sis 3 rue des  Petites Ecuries, juste  à côté de l'ancien garage Moderne bientôt repris par les  Assurances  Mondiali. Tenu par un ancien maoïste qui avait failli se suicider la semaine où il avait eu la faiblesse de programmer un Claude Zidi, l'établissement périclitait tranquillement, nonobstant quelques retours de flamme tout à fait relatifs lors de soirées altermondialistes qu'il prenait bien  soin d'éviter. Les larges fauteuils au cuir délavé accueillaient ses siestes profondes auxquelles il ne se faisait aucun scrupule de s'abandonner si l'ennui pointait - et il y eut des périodes ( et je songe surtout à celle où  se multiplièrent les cycles de cinéma du tiers-monde en version originale sporadiquement sous-titrée) où il pointait souvent -  ou si le projectionniste, dont le bénévolat n'avait d'égal que l'inexpérience, s'emmêlait dans les bobines, rendant définitivement incompréhensible un film déjà passablement abscons. Parfois cependant un chef d'oeuvre le tenait en haleine, il lui suffisait de quelques plans qu'il jugeait merveilleux pour illuminer  sa soirée et il s'en revenait vers son HLM, toujours à pied quel que que fut le temps, animé par ces ombres étranges qui dansaient encore dans sa tête. Parfois encore on essayait de le retenir le temps d'un débat. On lui prêtait à raison une culture immense en matière de films. Mais il refusait toujours poliment, ne laissant de traces de son passage que les miettes du pop-corn qu'il grignotait en douce.

 
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D
Bon, les gars, on pourrait peut être commencer le débat à présent que le film est terminé et que les présentations sont faites.
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P
My God ! Président, tu m'épates. Quelle belle maîtrise de l'anglo-saxon ! C'est sans doute depuis que tu voyages dans le monde à la recherche de vieilles caisses pourries que tu manies si bien la langue de Dickens... Nul doute que le rayonnement international de la tasonnerie va s'en trouver conforté !
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D
Abstract of the Sunday short cut Some bad tongs say that John Prettyvee is a fucking bastard who gives shit to dangerous communists. Fortunately, when the poor orphan is going to eat the poisoned pop-corn, a naked girl with big boobs arrives to stop him. Then, they go to Mac Donalds and drink Coca Cola.  (American remake)
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D
Résumé de la fiction brève du dimanche A ce qui parait, José Bové fourgue le maïs transgénique de ses fauchages à des salles art et essai qui en font du pop-corn vendu peau du cul sous label Bio.(Il y a aussi une séance en soirée)
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D
Le camarade Président, certainement nostalgique des salles art et essai où le projectionniste amateur est plein de bonne volonté, a repassé 2 fois la même bobine, à 8 heures 6 et 8 heures 21. Celui qui n'a jamais vu un film égyptien ou indien, ne peut pas comprendre le sentiment de se demander ce que l'on fait là, alors qu'il y a certainement eu une poussée de girolles.
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