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La fiction brève du dimanche : L'hypothèse du biographe

  Souvent il se retenait au moment d'accomplir une action dont il n'avait aucun motif de fierté à tirer. Par exemple, il évitait de se resservir du gigot de mouton quand il était en visite chez sa grand-tante, alors qu'il adorait le gigot de mouton et que le moins qu'on puisse dire c'était que son hôtesse le cuisinait divinement. Il refusait poliment, songeant qu'un futur biographe malintentionné aurait pu se targuer de ce genre de détail pour faire accroire qu'il n'était rien qu'un jouisseur grossier, bien éloigné de l'image que son oeuvre poétique laissait imaginer. Il le voyait clairement, le fouille-merde, ayant arraché au forceps une rencontre avec une  grand-tante en plein naufrage sénile, la harcelant de questions mesquines sur le contenu de ces agapes dominicales, cherchant à savoir quel vin il buvait, s'il apportait des fleurs quelquefois et si oui lesquelles. Il ne pouvait évidemment pas s'en ouvrir à cette chère femme, car n'ayant encore aucunement publié, l'hypothèse d'un biographe aurait dépassé ses capacités imaginatives déjà bien limitées (la preuve en était que le gigot de mouton se contentait d'alterner régulièrement avec le flétan en papillotes - qu'il détestait, mais il se gardait bien de l'avouer ).
 Il y avait plus dangereux : parfois les flageolets qui accompagnaient le gigot le mettaient en grand risque de flatulence, mais encore une fois, il se retenait, comprimant tous ses boyaux avec la force du désespoir, terrorisé par la vision du biographe enregistrant avec délices un tel fait trivial rapporté avec moult précisions  par cette foutue grand-tante alzheimerisée jusqu'au trognon. Et qu'importe si celle-ci, à l'heure qu'il était, se montrait comme toujours  pétulante, dynamique et d'une gentillesse extrême à son endroit. Il savait bien que toutes les bonnes choses ont une fin,  que la déchéance est certaine et qu'il vaut mieux  assurer ses arrières.
D'ailleurs, quand elle se fit poser pour la première fois un sonotone, il n'en dormit pas de la nuit, tant il était patent que le funeste déclin venait de s'amorcer. Quelque part dans le monde, il savait qu'un folliculaire sans génie mais avide de construire sa fortune sur le talent de ses contemporains, jetait les premières bases d'une enquête qui allait salir une  réputation qui n'avait même pas eu le temps d'éclore.
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D
Une grande tante pétulante, un petit neveu péteur, je préférais ce qu'on avait commencé avec les curés.<br /> Ca fait quand même des siècles qu'ils nous pourrissent l'existence. Il y a de la matière !<br /> DomPic
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L
En Dordogne c'est  l'huile de noix, ça n'empêche pas de péter mais ça graisse le passage.
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J
On dit aussi les graines de coriandre avec les flageolets, en plus ça donne du goût, mais moi je préfère dégazer. Le mieux, c'est dans l'avion, l' atmosphère est sous-pressurisée, alors les gaz internes se dilatent et ne demandent qu'à sortir... Avis aux biographes !
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D
Résumé de la fiction brève du dimanche<br /> L’hypothèse d’un biographe qui s’intéresse à la vie d’un chipoteur coincé du cul semble hasardeuse.
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N
"HAPOIX Hélène me souffle que le bicarbonate de soude dans les flageolets, c'est royal."Merci pour le conseil, Adèle/Hélène, mais je me demande s'il n'y aurait pas un message subliminal à décrypter...Ce '"c'est royal" est bien louche...
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