Depuis le commentaire du Président, c'est malin, je vois des écrevisses partout. La dernière en date, c'est celle d'
Umberto Eco, le gars du
Nom de la Rose, vous savez, ce gros roman qui a eu plus d'acheteurs que de lecteurs (je pompe là Claude Lanzmann, qui a eu dernièrement cette remarque vacharde au sujet d'un autre gros roman de la rentrée (900 pages quand même),
les Bienveillantes de Jonathan Littell). Donc, l'éditeur Grasset a sorti ce jour même
A reculons, comme une écrevisse (A passo di gambero, en italien).

Pourquoi l'écrevisse ? C'est que, est-il résumé dans le magazine
Lire, "
si l'Histoire avance, ce n'est pas dans le bon sens. C'est ce qu'explique Umberto Eco dans son dernier livre. Son analyse de l'actualité internationale résonne comme un cri d'alarme: la dynamique de l'Occident s'est enrayée! Pire: l'Humanité fait marche arrière... Terrorisme, fondamentalisme, populisme: les «ismes» sont de retour. Et au royaume des écrevisses, Bush et Berlusconi sont rois."
Alors là, je m'insurge, l'écrevisse, bestiole éminemment sympathique, emblème vivant de la tasonnerie, ne saurait être abandonnée à Berlush et Buconi. Que la dynamique de l'Occident soit enrayée, très bien, la racaille dynamique on sait quels ravages elle a déjà accomplis dans nos campagnes, ce n'est pas une raison pour métaphoriser sur le dos de cet excellent
crustacé d'eau douce. Les "ismes" sont-ils de retour ? Je crois bien qu'ils n'ont jamais quitté la scène.
Le
tasonisme, en revanche, n'existe pas, et malgré cette injure qui nous est faite par le réputé sémiologue, nous ne lancerons pas de fatwa contre lui. Seulement, si les mânes de Camille Pion circulent encore dans les limbes de ce bas-monde, elles pourraient bien aller lui souffler dans l'oreille, transformant son sommeil en un horrible cauchemar, une de ces Gloire à l'Ecrevisse d'Oooooooor à côté desquelles les braillées de Lara Fabian ne sont que piaillements de colibri.