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Chronique de l'insignifiant : Le cerisier

J'ai cassé le cerisier du jardin. Comme un imbécile. Un petit cerisier, le plus petit des trois arbres qui poussent le long du mur de notre jardinet. Un petit fruitier qui me donnait son clafoutis annuel. Pas plus, pas moins. Samedi après-midi, j'ai voulu cueillir les dernières cerises aigres qui me narguaient sur les branches un poil trop hautes pour être saisies du sol. En l'absence d'échelle et d'escabeau, j'ai placé une simple chaise, et une inspiration mauvaise m'a fait me suspendre à la plus grosse branche porteuse de fruits. Je pensais simplement la faire ployer mais l'arbre n'a pas l'élasticité du bambou et, dans un accès de balourdise sans nom,  j'ai criminellement cassé cette maîtresse branche qui constituait l'essentiel du cerisier. Un craquement sinistre accompagna le désastre. Comme on me pressait d'avouer que j'avais commis là une belle connerie, je n'eus de cesse, avec un faux détachement de circonstance, de mettre en avant les effets somme toute bénéfiques de l'incident : vue dégagée sur le fond du jardin, accueil facilité pour la treille du voisin escaladant le mur, anticipation d'une coupe de toute façon inéluctable d'un arbre déjà passablement malade et fragile. Bref, un festival de flegmatique mauvaise foi.
En fait, au fond de moi, il reste une blessure aussi large que l'entaille pratiquée dans mon petit cerisier : la vision de son aubier  à nu  m'est un reproche cuisant. Et je ne parviens guère à me consoler en sachant que la seule petite branche épargnée devrait lui assurer un nouveau départ. Il y a des jours où l'on se hait.
L'an prochain, il n'y aura pas de clafoutis.
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N
Ah, je sens que je n'ai pas fini d'expier ce méfait. Pourtant j'ai fait amende honorable et suis maintenant un grand défenseur du végétal, bourrelé de remords à la simple idée de tondre une pelouse, attentif à préserver les droits fondamentaux de la mauvaise herbe. Non, réellement, j'ai changé, je ne suis plus la brute épaisse qu'on a connu et la plante qui se plaindra que je l'ai mal arrosée n'est pas encore née.
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Y
Quelle horreur ! Une agression ! Gratuite avec ça ! Ne compte pas sur moi pour te convier à venir arroser mes plantes lorsque je m'absenterai !
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P
J'arrive, j'arrive... Calmons les inquiétudes de nos amis méridionaux : l'équipe est encore valide, mais légèrement bousculée en ces prémices de l'été.Nil Pétrabrock, exténué par la mise au net de Jocelyne avec un logiciel OCR de piètre rendement, a fait la grève dominicale.Klapic ne s'est toujours pas remis du bris de son cerisier et broie du noir.Pat Laye suit de près la préparation d'un certain spectacle estival dans les ruines d'un château, sur une commune fortement dotée en tasons.Grotaz persécute de pauvres jeunes filles désirant entrer à toute force dans l'Education Nationale.Et moi, PPESE, j'essaie de pourvoir aux besoins de ma progéniture enfin réunie au complet. La plus belle fête des Pères qu'on pouvait me souhaiter.Alors voilà, on vous embrasse tous, bandits spaggiariques, gujan-mestrassiens et autres fafiots et boit-sans-soif.Et à bientôt ici même, pour de nouvelles non-aventures tasonnesques !
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L
Ben oui, y sont où tous ?
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D
Ya quelqu'un ?
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