
La sérénité
des grands parcs paysagers.
Les étangs, les pins, les canards, la brume légère et si romantique, le banc moussu.
Des maîtres de forges avaient fait aménager ça pour le repos de leurs corps fatigués et de leurs âmes inquiètes.
Ils venaient là chasser, arpenter leur domaine avec leurs invités. On invitait beaucoup à l'époque.
De grandes écuries, des jardins, des serres, des sculptures au bout des perspectives herbues, monstres à gueule ouverte.
Parfois de grands oiseaux se pavanaient sur les pelouses.
Des paons, m'a-t-on dit, volatiles majestueux dont il convenait tout de même de ramasser la fiente épaisse.
Oh la sérénité des grands parcs paysagers.
Des domestiques pour ramasser la crotte de paon.
Un jour, m'a-t-on dit, il y en avait deux qui s'amusaient à compter celles qu'ils enfournaient dans leurs sacs. Et ils riaient de ce concours impromptu.
Ils riaient.
Et une dame - la dame, la maîtresse du lieu - les entendit, du haut de son étage, du haut de sa superbe, entendit rire ce petit peuple ramasseur de fientes.
Les convoqua.
M'a t-on dit.
On ne rit pas de son travail. Fut-ce celui de recueillr les crottes des paons.
Et ils furent congédiés. Les domestiques, ce n'est pas ça qui manquait.
Ils pleuraient, m'a-t-on dit, ceux qui racontaient ça, des dizaines d'années plus tard.
Oh, la sérénité des grands parcs paysagers.