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Dimanche tason à Arcachon

Depuis combien de temps n'avais-je pas mis les pieds à Arcachon ? Quinze ans, au moins. Pour un voyage scolaire. Et j'ai beau fouiller ma pauvre cervelle, aucun souvenir de la ville. La dune du Pyla, oui, mais la ville, non. C'est injuste : Arcachon mérite mieux que mon amnésie inexplicable. Je devais être déprimé, ou amoureux, ou les deux. En tout cas, je devais penser à autre chose qu'à admirer les beautés de son architecture balnéaire. Pleuvait-il comme en ce dimanche d'avril où j'arpente avec enfants et belle-famille les pimpantes rues piétonnes du centre-ville ? Non, sans doute, et c'est peut-être pour cela qu'Arcachon ne s'est pas inscrite en ma mémoire : un anodin beau temps devait régner, une température agréable, un petit vent léger, un bien-être doucereux me rendirent à coup sûr le neurone émollient, paresseux.

Comme je serais injuste alors de me plaindre de ce dimanche où les averses se succèdent sans relâche, empressées qu'elles sont de me tricoter du souvenir et de se venger de mon premier passage négligent. Que faire à Arcachon par cette météo de Basse-Lorraine (ne protestez pas, bas-lorrains, j'aurais aussi bien pu dire Bas-Berry, mais nous aimons à partager nos petites tares) ? Le ciel vous met à la question et une saine inquiétude vous taraude. Le front de mer s'offre à vous: c'est la mer du bassin d'Arcachon et il ne faut point attendre que les rouleaux écumeux fracassent les jetées. Spectacle somme toute d'un romantisme banal. Ici la vague est clapotis, on travaille dans le subtil. Le ravissement esthétique n'est pas à la portée du vulgaire touriste entiché de pittoresque. Une sorte de fierté élitaire s'empare de vous qui, faut-il l'avouer, ne parvient pas tout à fait à endiguer votre emmerdement. Pardon pour cette grossièreté,mais vous l'avez compris, c'est bien une des dernières que je me permettrais tellement je me sens bonifié par cette promenade dominicale.


Nanti d'enfants en bas d'âge, il convient bien sûr de les amuser. Qu'à cela ne tienne : Arcachon propose alors son manège. Installé près des toilettes publiques, c'est - n'ayons pas peur des mots – une petite merveille : dépourvu de coupole, comme un marin intrépide allant tête nue sous le gros grain, il emporta Gabriel, mon testeur d'attraction préféré, dans une ronde endiablée qui me fit aussitôt déplorer que ce monument d'amusement primesautier ne se déplaçât pas pour la Pentecôte à Aigurande. Je n'en croyais pas mes yeux : le propriétaire du manège, jeune homme soucieux du plaisir de sa jeune clientèle, n'hésitait pas une seconde à donner de sa personne pour accélérer la course déjà effrénée de son engin ! Il poussait, il poussait, et plus il poussait, moins nous regrettions les deux euros qu'avait coûtés la séance. Eperdu de gratitude, je priais alors pour que de nouvelles ondées plus violentes s'abattent sur Arcachon et renvoient le badaud et sa progéniture vers les monospaces et les brasseries, car à ce train-là, ce stakhanoviste de Luna-Park ne finirait pas sa journée...


"Tournez,tournez, chevaux de leur cœur,
Tandis qu'autour de tous vos tournois
Clignote l'œil du filou sournois,
Tournez au son du piston vainqueur."

Paul Verlaine





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G
Ah, chère Carolo, mais c'est qu'on ne me croit pas ! Non, ce n'est pas moi qui pousse le manège (c'est contraire à ma religion), mais bien le propriétaire. Et plût au ciel que ce fût un doux "ouin-ouin" que sa musique!<br /> Pour ce qui est de la photo, c'est mystère pour moi (où ? quand ? quel est le rascal qui m'a surpris dans mon sommeil ?)<br />
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G
E holie, a "poto", papa!!!
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C
Maudite soit cette ville d'Arcachon qui a fait perdre la tête à notre cher professeur et lui a fait oublier sa mission : quantifier la durée de la sieste dans cette belle région. <br /> Au lieu de ça, son hérésie le porte à dépenser son energie pendant l'heure sacrée de la Sieste en poussant le manège (regardez bien la photo 2) pour que son adorable petit Gabriel puisse aller plus vite. <br /> Sacrilège !!<br /> Alors qu'il devait siroter son demi sur le banc en écoutant le doux "ouin-ouin" de la musique foraine et en priant pour que le manège ne s'arrête jamais...<br /> Patrigeon, retrouve tes esprits et médite sur cette photo :<br /> http://img246.echo.cx/my.php?image=cap00893qs.jpg
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