Pour mémoire,la biographie non autorisée rendue publique à Lourdoueix Saint-Pierre, en février 1992.
"Quand quelques-unes de mes vieilles connaissances m'ont demandé d'écrire un portrait de Hervé d'A..., je vous avoue que j'ai tressailli un court instant. La tâche me paraissait d'une telle ampleur que premièrement je refusai. Je venais d'achever ma biographie de Mao Tsé-Toung, le cinquième tome sortait juste en librairie, c'est dire si j'éprouvais le besoin de souffler. Cependant, quand ils sont revenus à la charge, je dois confesser que ma décision n'était plus aussi catégorique, et ce ne sont pas -quoi qu'en disent les mauvaises langues- les cinq millions de centimes qui m'étaient promis, qui m'avaient fait changer d'avis. Simplement je réalisai que j'étais bien le seul à pouvoir tracer un portrait exhaustif, honnête, sensible et authentique de celui qui s'était imposé ces dernières années comme un des personnages incontournables de cette fin de millénaire. Si je ne me dévouais pas, un de ces journalistes à la petite semaine avides de gloriole, un de ces écrivaillons souffreteux, un de ces épiciers du verbe, ne tarderaient pas à donner au public une image forcément tronquée d'un homme qui les dépasse tous de cent coudées. Un homme secret, mystérieux, cultivant la discrétion comme un art majeur. Un tel homme, seul quelqu'un comme moi, ayant vécu dans son intimité, pouvait en cerner les arcanes et en éclaircir les zones d'ombre.
Je remettais donc aux calendes grecques le séjour que je m'étais promis de longue date dans mon mas des Alpilles et me replongeai dans mes archives personnelles à la recherche du cher passé. Ce que j'y trouvais je souhaite à chacun de le découvrir un jour et, si ce n'était le temps trop court qui m'est ici imparti, je me ferais une joie immense de vous conter par le détail une de ces merveilleuses anecdotes dont mes cahiers sont remplis.
Compte tenu des circonstances, mon propos sera plus modeste en son dessein. En cela, je ne ferai d'ailleurs que suivre l'exemple même de cet être si profond dont l'itinéraire ne s'est jamais embarrassé du batelage médiatique et des trompettes de la renommée.Cheminement admirable, si rare à notre époque amoureuse de l'esbroufe et du clinquant. Je sais aujourd'hui qu'il faudra bien du temps pour qu'il soit reconnu à sa juste valeur, mais je sais aussi que cet avènement est inéluctable. La postérité, comme d'habitude, triera le bon grain de l'ivraie. Puisse t-elle seulement, au jour du verdict, ne pas oublier l'humble contribution de de ceux qui, comme moi, oeuvrèrent sans souci de reconnaissance immédiate, au mépris des satisfactions faciles, dans la solitude enfin. Mais voici qu'on me rappelle à l'ordre, le temps passe trop vite malheureusement,mesdames, messieurs, je vous demande donc d'applaudir comme il se doit Monsieur... euh... Monsieur... ah oui...Monsieur Hervé d'A... !"
Bon évidemment, comme biographie, ça se posait là.... C'était une parodie de tous ces guignols qui, sous prétexte de tracer le portrait d'un tiers, ne songent en réalité qu'à se faire mousser.
Moi, PPESE, Hervé c'est mon pote. Je tiens à le dire ici publiquement, à la face du monde et du web. Et je tiens à dire aussi que tous les deux ans c'est un mois de bonheur que de travailler ensemble sur le spectacle cluisien.
Et puis un gars né un jour de Saint-Parfait...