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La fiction brève du dimanche : Portés disparus

Longtemps les dieux avaient investi la colline de toute leur puissance arrogante, il y avait eu des temples,  des cérémonies, des statues altières et altérées de sang sombre, des prêtres et des prostituées sacrées, et des moins sacrées pour ceux qui se risquaient jusque-là à l'issue d'un long voyage ; longtemps la foudre et le tonnerre avaient été redoutés, qui ravinaient les pentes et en incendiaient la sylve ; et puis lentement, oh lentement, le lierre et la ronce avaient ouvert des brèches dans le calcaire et le ressac oublieux des siècles avait ruiné les fresques et les bronzes ; des histoires circulaient encore mais on n'en comprenait plus le sens. Les dieux de la colline étaient sortis des mémoires humaines. On construisit ici une fonderie qui donna pendant quarante-cinq  ans du travail et des mauvaises maladies.

C'est à l'une de ces maladies que l'on attribua la cause du récit d'un jeune ouvrier, Pierre Michot, qui affirma avoir vu, près de la source qui continuait de délivrer épisodiquement une eau ferreuse dans une petite dépression boisée du versant nord, une sorte de faune mélancolique, entièrement nu, qui lui aurait parlé dans une langue inconnue avant de s'évanouir dans un fourré. Du pur délire provoqué par les fumées délétères de l'usine, affirmait le syndicat. La triste influence d'une propagande satanique, ripostait le clergé local.

Le jeune homme fut examiné par une sommité cantonale, le docteur Duvernet-Chevry qui conclut pour sa part à une débilité légère et préconisa un traitement de son crû à base de pastilles de soufre. Le patient manifesta alors quelque réticence,  cracha la pastille sur l'homme de l'art et s'échappa par la fenêtre du cabinet. On ne le retrouva jamais.

Quelques années plus tard, la filature ferma ses portes, ruinée par la concurrence asiatique, et les poutrelles de fer s'enrouillèrent rapidement. Il ne reste de ce temps que quelques cartes postales jaunies et des rumeurs : on aurait vu deux  elfes danser la nuit sur les anciennes machines. Qui ça, "on" ? Une jeune fille, poitrinaire au dernier degré, poétesse à  ses heures, qu'on envoya au sanatorium dans un état désespéré. Mais sa tante qui devait la récupérer au sortir du train l'attendit en vain.


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N
Mille sabords ! Et maintenant, impossible de corriger, le résumé serait incompréhensible.On va dire alors que je l'ai exprès pour voir si quelqu'un suit.Je suis donc rassuré. Merci Didand.
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D
Résumé de la fiction brève du dimanche :Elle est puissante la magie qui, le temps de le dire, transforme une fonderie en filature.
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