avait fait bâtir sa propre maison. Quatre vieux tasons dans un coin ombragé, aux alentours de midi. Quatre cannes. Font irrésistiblement penser aux quatre vieux sur leur tronc d'arbre dans

Et ça discute ferme. Le plus bavard, c'est celui du bout, avec les lunettes. Je suis trop loin, je ne saisis rien de la conversation, de plus ils jactent sûrement en catalan. Déjà que l'espagnol, j'ai du mal, alors le catalan...
Celui qui est debout partira bientôt avec le vieux du milieu. Qui doit être presque aveugle, car il se tiendra au bras de son copain. Ils s'éloigneront doucement.
Les deux qui restent, après un moment de silence, ne tarderont pas à se mettre en marche eux aussi. Replier le journal, lancer un bon vieux glaviot, chacun son tour, et de la route. Ils ont encore la forme, les gaillards, car le Park est sur les hauteurs de Barcelone.
C'est juste après cette rencontre que j'ai commencé à me sentir mal, une fatigue énorme qui m'a mis sur les rotules. Gastro sournoise sans doute. Qui m'a fait traîner les pieds sur la descente vers le Barri Gotico bien plus que la bande des quatre réunis.
N'empêche, j'avais ma réponse à l'angoissante question de mon voyage. Le Président va être content : il est possible d'être tason à Barcelone.