On l'a dit, le trou est dans l'air du temps. Ou, pour parler plus précisément,
c'est par le trou que passe l'air du temps. Ce fameux air du temps que certains s'épuisent à traquer, cet air
du temps avec lequel il vaut mieux, paraît-il,
être en phase. Surtout les marchands. Car l'air du temps rapporte. Et l'on voit donc certains payer très cher des études publicitaires
censées l'appréhender.
Pourtant, ceux qui ont le mieux saisi cette actualité du trou, cette surprenante présence d'une absence (car le trou, rappelons cette évidence, est essentiellement composé de vide), ce sont les
rédacteurs d'un journal sans aucune publicité :
Le Tigre. J'ai déjà parlé du
Tigre, et le lien vers le site est depuis belle lurette dans le Tasonet, mais il n'est sans doute
pas inutile de préciser que
Le Tigre, auto-baptisé à juste titre
curieux journal curieux, est actuellement bimestriel et toujours profondément original.
Or, le dernier numéro, le 29 de janvier-février, rouge écarlate (chaque numéro porte un nom de couleur) est
troué de part en part. Trou judicieusement placé (sur l'image, c'est le point
jaune) qui interfère avec l'iconographie toujours très choisie.