Par PPESE
Pour
rester sur le thème de l'Origine du Monde*, voici ce que j'ai pu lire ces derniers jours, dans Le rêve de Machiavel, un
roman de Christophe Bataille que m'a gentiment offert ma grande fille. Rêverie hallucinée sur la dernière époque de Machiavel, en
1527, où il vient de fuir Florence dévastée par la peste :
"Il s'arrose de vinaigre, se frotte avec ses mains, et dans cette poisse sèche, il songe à l'histoire de sa vie. Histoire de ma vie ? Histoire de ma naissance.
Le reste imorte peu. Mai 1469. Ma mère accouche pendant dix-huit heures. Dans le secret de la chambre, on pense à tuer l'enfant pour sauver Bartolomea de Nelli. On égorge presque la tête écarlate
qui siffle entre les lèvres et ne passe pas. Le couteau attend dans l'eau frémissante. Ma mère se convulse, soulève son bassin, crie : "Mais faites quelque chose, aidez-moi, écartez-moi !,
sanglote, puis elle expulse ce fils. Il est noiraud, il est chétif, flétri dans son cordon, tout en côtes et en petit os. Est-il mort ? Il bouge à peine. Ne pleure pas. Soudain il ouvre les yeux
sur les seins de sa mère, qui murmure : "Il nous regarde... Il nous regarde et il respire ! Mon dieu, mon dieu, est-ce un enfant ? Est-ce qu'il voudra pleurer ?", et s'évanouit." (Le rêve
de Machiavel, Grasset, pp.82-83)
* On peut vérifier à cette occasion que le tason n'est pas une hyène lubrique. Loin de doper les statistiques, le tableau de Courbet les a plutôt entraînées vers le bas, tel un vulgaire Cac
40.
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