Par PPESE
Quand j'ai eu la chance de pouvoir faire ma première mise en scène à Cluis, dans les ruines de la forteresse, deux ans après avoir joué Jacques le Fataliste, j'en ai profité pour réaliser un vieux rêve de jeunesse qui était de faire monter sur les planches (façon de dire, puisqu'à Cluis, c'est surtout de la pelouse que nous foulons), mon ami Hervé. Je le savais comédien dans l'âme, mais l'occasion ne nous avait jamais été donnée de jouer ensemble, et la seule prestation de lui dont je me souvenais était la récitation d'un poème de Michaux à la Salle des Fêtes d'Ardentes, à la fin des années 70... Il accepta donc de participer à cette aventure de La Fille du Capitaine, adaptation du roman de Pouchkine, où je lui offrais de jouer le rôle d'Arkhippe Savélitch, le serviteur du jeune comte Griniov que son père envoie faire son service militaire dans les steppes lointaines, au moment même où s'étend la rébellion menée par le cosaque Pougatchov. Savélitch : un vieux bonhomme fidèle jusqu'à l'inconscience, qu'Hervé incarna avec bonheur. Rien ne manqua : la démarche à petits pas serrés, la gestuelle, les mimiques drôlatiques, le ton, la vérité du jeu. Plusieurs de ses répliques passèrent à la postérité cluisienne (en particulier chez les résidents de Puydauzon qui s'esclaffaient encore deux ans après sur certaines expressions). Il contribua pour beaucoup au succès d'estime d'un spectacle qui n'était pas sans défauts par ailleurs.Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog