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La fiction brève du dimanche : Il y a pourtant du potentiel

La souscription ouverte pour le premier numéro de la revue ("La Giraphe Electrique") avait dépassé toutes ses espérances. Trois cent vingt-sept personnes avaient versé leur obole, ce qui avait couvert les frais d'impression et au-delà (une belle nouba à la salle des fêtes de C. avait dissipé le reliquat). En revanche, le nombre d'abonnements après ce premier numéro (un peu gâché, il faut l'avouer par la mauvaise qualité des photographies sur le papier style buvard), avait été légèrement décevant. Et il chuta encore nettement après le retard de trois mois dans la publication du numéro 3. Ennuyeux pour un semestriel. Et - il faut bien l'avouer encore - les dessins de son beau-frère Gérard, à la plume sur linoléum, n'avaient pas séduit excessivement. Il crut se rattraper avec la vente dans les réunions militantes, mais il ne parvint à écouler quelques unités qu'au prix de longues heures de palabres - et les camarades étaient bien souvent sans le sou pour se payer une belle revue pleine de bonne culture. "Il y a pourtant du potentiel", ne cessait de lui répéter Blanchard, confiant dans une prise de conscience soudaine de la population.

Au bout de trois ans et de cinq numéros (le retard du 3 n'avait jamais pu être comblé), l'équipe de rédaction qu'il dirigeait estima qu'il était temps de tirer un premier bilan de l'expérience (c'est du moins ainsi qu'il formula la chose au nom de tous dans une lettre qu'il envoya en recommandé pour dramatiser un peu la situation). Ils furent trois à se rendre à la réunion organisée dans une annexe du café où Blanchard prenait son pastis chaque soir.
Il fut admis qu'on avait été trop ambitieux, et qu'un rythme moins intense de publication était somme toute préférable. On décida donc à l'unanimité d'annualiser la production, et comme on était en février, de remettre ça pour janvier de l'année prochaine. Ceci dit, on reprit une tournée en disant un mal considérable du gouvernement.
Rentrant chez lui, titubant entre les étoiles, il regretta fort de n'avoir pas évoqué devant les autres cette idée de site web qu'il avait eue la semaine dernière. La revue sur le web, voilà qui serait bien. Et puis il songea que Gérard, son beau-frère, nanti d'une bécane toute neuve (cétait là ses propres mots), avait récemment scanné tous ses dessins et lui faisait du pied pour lui refiler.

Rester fidèle au papier, oui, c'était ça la vérité.
A qui le croisait dans les réunions, il affirmait être entré en résistance.


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D
A chacun sa madeleine, la notre attire les mouches...
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J
Malekoum salamLe conseil du grand Lapalu des Bauges : pour la girafe électrique, mieux vaut l'entreposer quelques semaines à l'étable avant usage, car légèrement humidifiée elle remplit mieux son office.NB avec une parution annuelle, faudra être assez économe...
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P
Oui, c'est l'incomparable avantage du papier buvard.Tiens, ça me rappelle le BF et le HF (langage pour intitiés, ne cherchez pas , les autres), il y aurait une bonne fiction à écrire là-dessus...Salal, el Didande !
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D
Résumé de la fiction brêve du dimanche.Sauf improbable passage au papier glacé, on pourra encore se torcher avec "La Giraphe Electrique".
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D
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