Par Nil Pétarbrock
La souscription ouverte pour le premier numéro de la revue ("La Giraphe Electrique") avait dépassé toutes ses espérances. Trois cent
vingt-sept personnes avaient versé leur obole, ce qui avait couvert les frais d'impression et au-delà (une belle nouba à la salle des fêtes de C. avait dissipé le reliquat). En revanche, le nombre
d'abonnements après ce premier numéro (un peu gâché, il faut l'avouer par la mauvaise qualité des photographies sur le papier style buvard), avait été légèrement décevant. Et il chuta encore
nettement après le retard de trois mois dans la publication du numéro 3. Ennuyeux pour un semestriel. Et - il faut bien l'avouer encore - les dessins de son beau-frère Gérard, à la plume sur
linoléum, n'avaient pas séduit excessivement. Il crut se rattraper avec la vente dans les réunions militantes, mais il ne parvint à écouler quelques unités qu'au prix de longues heures de palabres
- et les camarades étaient bien souvent sans le sou pour se payer une belle revue pleine de bonne culture. "Il y a pourtant du potentiel", ne cessait de lui répéter Blanchard, confiant
dans une prise de conscience soudaine de la population.Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog