Carole, la meilleure bibliothécaire au sud de la Bouzanne, connaissant mon attachement à la gent bovine, m'a récemment signalé un petit ouvrage paru en 2001 à l'Atelier du Gué, un petit
éditeur de l'Aude : Plaire aux vaches, de Michel Ots.
"Ce livre dit tout ce que vous désirez savoir au sujet des vaches, leurs goûts, leurs mœurs et jusqu’à la façon de s’y prendre soi-même avec elles. L’auteur y parle des vaches avec respect mais
non sans humour. Toutes les activités traditionnellement liées à leur élevage y sont traitées. Un livre au goût d’optimisme réaliste qui fait l’unanimité des lecteurs : « Un livre de
sagesse », « un livre plein d’humour qui se dévore comme un roman d’amour », « une œuvre joliment tournée », etc."
C'est un peu vite dit : l'ouvrage ne dit d'abord pas tout sur la vache, loin s'en faut. La description reste fragmentaire, ce n'est d'ailleurs pas le propos de l'auteur qui consacre plutôt
ses courts chapitres aux travaux afférents à l'élevage de la bestiole : foins, traite, pâtures, lait, beurre et fromage et même tannage... Il y a de l'humour, certes, mais saupoudré un peu
inégalement, et dire que ça se dévore comme un roman d'amour, c'est un peu excessif (et puis d'ailleurs, les romans d'amour ne se dévorent pas plus vite que les autres). En fait je suis partagé :
ce livre est plein, c'est vrai, de notations savantes et subtiles, et parfois drôles, mais en même temps, ce n'est pas le bouquin d'un paysan, et ça se sent. Michel Ots est né en
Seine-Saint-Denis en 1946 et a choisi de vivre dans les Corbières avec quelques vaches "après les périples les plus divers", lit-on en quatrième de couverture. Entendez bien que je ne lui
reproche pas cette origine, et je ne pense pas que les paysans soient les seuls à avoir légitimité pour parler des animaux d'élevage, seulement laisser croire qu'il suffirait de quelques
vaches pour vivre à la campagne de nos jours me semble un peu court. A cet égard, les considérations générales de l'avant-dernier chapitre sont bien nébuleuses. Que peut bien signifier un
passage comme celui-ci ? :
"Les références au passé sont toutes relatives. L'image gardée en mémoire reflète l'aboutissement d'une longue évolution culturelle d'adaptation aux terroirs. Occasionnellement certains aspects
du paysage adressent un clin d'oeil complice en diagonale du temps quand nos activités nous en rappellent le sens. Mais chacun détient ses propres solutions, avec ou sans élevage, et aura à
marier ses goûts et talents avec l'expérience." Si quelqu'un a compris, qu'il m'explique.
En définitive, je me demande si Michel Ots ne relève pas de cette critique qu'adressait déjà Emile Guillaumin au siècle dernier
: « Tous les gens des villes sont ainsi : ils ne voient de la campagne que les agréments qu'elle peut donner ; ils s'en font une idée riante à cause de l'air pur, des prairies, des
arbres, des oiseaux, des fleurs, du bon lait, du bon beurre, des légumes et des fruits frais. Mais ils ne se font pas la moindre idée des misères de l'ouvrier campagnard, du paysan. Et nous sommes
dans le même cas. »
Là, tu vois Papiak, je crois que je peux t'aider à traduire cette forte pensée. Je pense qu'on peut la traduire par : " chacun fait comme il sent". Sûr que c'est moins ronflant, mais ça doit résumer assez fidèlement.Les vaches, même indirectement, continuent à m'inspirer.Si tu as de nouveaux problèmes, faut pas hésiter.A bientôt
<br />
Merci Dom Pic, j'y vois plus clair maintenant. Je te nomme en conséquence conseiller spécial pour les affaires bovines. Sarko a Guaino, Klapic a Dom Pic. Devinez qui est le plus verni<br />
?<br />
<br />
<br />