On sait que le Président a depuis plusieurs années pris pied en terre bordelaise où son action n'a pas tardé à se faire sentir ; on sait moins qu'à l'ouest toujours, mais un peu plus au nord, Adèle Aisselle, notre fidèle
lectrice, mène un travail de titan depuis plus de quinze années dans le Marais Poitevin. Enfin, un travail de titan, entendez-nous bien,
en langage tason ça signifie se dégotter un joli petit coin peinard avec une bonne boulangerie et un bistrot sympa, des petites routes pour folâtrer en vélo et du soleil assez pour boire un
jaune en terrasse avant le quatorze juillet. Bon question jaune en terrasse, on a été un peu de la revue ce week-end, mais on n'en a pas moins apprécié l'hospitalité de notre chère Adèle et
de son copain Thierry, chevronné pêcheur à la mouche (autant dire un gazier à qui la tasonnerie n'a rien à apprendre, la pêche à la mouche que je ne
connaissais pas me paraissant après ses explications savantes comme un art hautement estimable, bien étranger à l'esprit de la racaille dynamique).
Vous pensez bien que je ne me suis pas rendu en Poitou pour le seul plaisir de l'amitié partagée, non, j'étais comme d'habitude motivé par l'étude tasonologique. Je voulais absolument savoir si
la tasonnerie, dont le milieu d'origine est le bocage, pouvait utilement se développer en milieu humide. J'avais déjà quelque intuition en ce sens, après avoir observé de près quelques
brennous et une poignée de solognots, mais mes relevés de ce week-end me portent à croire qu'en effet les espaces de marais sont éminemment propices à un ralentissement du rythme existentiel. Ce
n'est pas un hasard si Adèle s'est établi à deux pas de la commune de Glandes(j'ignore si les habitants s'y nomment les glandus). Par contre le vin de tason s'y conserve mal.
Adèle avait en effet réservé pour la visite d'un tason l'ouverture du Château-Tason que nous avions distribué en1995. Cet excellent Côtes-de-Blaye de 1993 n'a pas supporté l'attente, heureusement nous avions des munitions de secours.
Evidemment j'ai testé la navigation batelière et mon meilleur testeur de barque a pu effectuer les analyses circonstanciées qui s'imposent. Son verdict est formel : le bateau maraîchin (le
batai) est tout à fait approprié à la déambulation tasonne. On glisse le long des conches aux rives verdoyantes avec le souple balancé de queue du ragondin. Le martin-pêcheur et la poule
d'eau s'effraient à votre approche et ce ne sont pas quelques gouttes d'eau qui peuvent vous gâcher la virée : de vastes parapluies Mitchell distribués à l'embarcadère vous protègent de
l'ondée bienfaitrice.
Bien évidemment leMarais, ce n'est pas là non plus un hasard, est menacé par
le développement des cultures intensives. Nous, les Tasons, ne manquerons pas d'être à l'avenir très vigilants sur l'avenir de toutes nos zones humides. Nous savons assez les désastres
qu'entraîne la sécheresse d'un simple gosier pour ne pas se joindre à toutes les bonnes volontés soucieuses de préserver ces espaces bienheureux de tout déficit hydrique.
Merci enfin de tout coeur à nos hôtes pour la chaleur de leur accueil !
le kombucha en effet, c'est comme le champagne de pissenlit, c'est bien pour occuper les gosses avec de saines activités et question gustatif, c'est quand même plus riche, plus proche de la sicasse que le champouny et en plus un rien alcoolisé ; comme les grands quoi!
En effet ceux qui ont séjourné dans le triangle infernal Aigurande, Crozon,Rimbert, ne peuvent pas avoir oublié la saveur du ssit'.On s'habitue presque à tout et on a les madeleines de Proust qu'on peut.
Ah la sicasse ! Celui qui n'a pas connu la grimace en l'avalant et le frisson suivant l'aigreur n'a rien connu. La sicasse vieillie en tonneau, c'était terrible.
Cher Juan-Marcos, nous avons également découvert lors de ce périple poitevin une spécialité qui n'a rien à voir avec l'endroit, à savoir le kombucha : boisson obtenue à l'aide d'un champignon et de thé. Nous nous demandions si tu connaissais cet élixir qu'on pare de toutes les vertus et dont le goût s'apparente fortement (dans ses meilleurs moments) à un cidre en tonneau depuis six bons mois, autrement dit une vieille sicasse huileuse qui ne faisait les délices qu'aux gosiers aguerris de nos vieux pedzouilles).
Ce commentaire ô combien pertinent du président sur les rapports difficiles du tason et de l'eau m'en amène un autre : c'est à propos du savon, en effet le propre (si j'ose dire) des molécules de savon, c'est d'être hydrophile d'un côté et lipophile de l'autre, ainsi, associé avec de l'eau (pouah!) le savon dégraisse, c'est pouquoi le tason plutôt porté à graisser, s'en méfie comme de la peste.