Parfois le Nomade s'occupe d'informatique : c'est qu'il est très officiellement chargé des
TICE dans sa circonscription. Aux culs-terreux qui ignoreraient encore de
quoi il s'agit, précisons que ce sigle désigne les
Technologies de l'Information et de la Communication dans l'Enseignement. Avouez que ça en impose.
Bon, en l'occurence, ce matin, ça consistait à se rendre au chevet d'une école à la bourre pour rentrer ses ouailles dans la nouvelle application nationale Base-élèves. Je
m'installai donc en fond de classe, devant l'ordinateur, un petit café et les gâteaux apportés par une directrice affable, bien contente que je vienne la dépanner aux confins du département du Cher
(oui, j'ai le temps d'écouter les informations le matin). Au début, ça se passe plutôt bien, je récupère une bande d'enfants égarés dans les profondeurs électroniques de la base académique. Et puis
soudain, au milieu de la matinée, sans doute pas habituée à fonctionner si longtemps, la Livebox se met à clignoter furieusement et refuse obstinément de reprendre du service. Qu'à cela ne tienne,
je plie bagages, emportant les listes idoines pour continuer mon travail au bureau à La Châtre. Au début, ça se passe plutôt bien, je continue à glaner quelques chenapans et puis soudain,
voilà-t-il pas qu'une
erreur 404 me prive de l'accès à la base. Heureusement, midi arrive vite et je cours me restaurer au collège avec l'ami Franck (il y aurait ici un article
complet à écrire sur ces doux moments de convivialité collégienne, mais bon, ce sera pour une prochaine fois).

Après
le café postprandial dans
La Châtre déserté par les cafetiers en vacances, retour sur les bécanes. On espère toujours que les problèmes seront résolus après
une pause comme celle qu'on vient de prendre, mais non, ça n'a pas évolué d'un iota. Et ce n'est pas un coup de fil désespéré au service informatique de l'inspection Académique qui me sort de
la panade. Le Nomade sait prendre de la distance dans l'adversité, aussi décide-t-il de se consacrer à cet autre travail urgent qu' est l'organisation des réseaux d'échange de livres dans la
circonscription. Il s'apprête donc à publier un bel article sur le site dédié spécialement à ce genre de divertissement pédagolittéraire, mais là encore voici qu'il y a de la friture sur les
serveurs et de la mouise dans les tuyaux. Impossible d'accéder à l'espace de publication.
Bon, de toute façon, l'heure est venue de se rendre à Argenton pour une animation de fin de journée sur les nouvelles
évaluations CE1 et CM2. Je charge mon excellent véhicule de
trois lourds cartons de livrets pour les élèves et j'embarque vidéoprojecteur et ordi portable (tout juste récupéré de l'Inspection Académique où j'ai espéré en vain que pendant l'été on répare
l'écran qui m'affiche depuis juin une sorte de splendide feuille de cannabis noire qui me cache un bon tiers de l'affichage). Un crétin a garé sa voiture rouge en travers dans la cour de l'Hôtel de
Vilaines et je suis contraint à d'éprouvantes manoeuvres pour m'en extirper .
Steve Coleman et
Dave Douglas m'accompagnent dans mon périple argentonnais (l'après-midi, c'est
musique). De splendides nuées sombres chaloupent sur l'horizon et je me dis que la vie vaut quand même la peine d'être vécue. Et c'est sans encombre que je parviens à l'école où je dois oeuvrer.
Déballage des cartons (à monter à l'étage bien sûr), installation du matériel. Là, je m'aperçois que ces rascals de l'Inspection Académique (je dis rascals, mais je les aime bien en fait) ont
oublié de me remettre le cordon d'alimentation de l'ordi. Sur la batterie, je ne tiendrai jamais la durée du sublime diaporama que je dois passer et commenter. Heureusement, un collègue des plus
charmants arrive le portable en bandoulière et me voici sauvé.
Pas pour longtemps, à peine le diaporama terminé , alors que je m'apprête à montrer à une assistance enjouée les subtilités d'une feuille Excel pour la saisie des résultats des évaluations, l'image
se coupe. De multiples gesticulations de boutons et de cordons n'y changeront rien. Bon, pas très grave, direz-vous, on a fini plus tôt, certain(e)s n'en ont pas été fâché(e)s.
Suis remonté à Châteauroux sans Coleman ni
Douglas. Silence radio. Et puis à la maison, j'ai essayé de relancer ce fichu ordi portable. Une
velléité d'allumage et puis plop ! Rideau.
Voilà, c'était une journée de Nomade (je raconterai la cantine une autre fois, là je dois dire qu'on a bien rigolé ).