
Récemment, je en sais plus où, j'ai découvert que
Robert-Louis Stevenson, que tout le monde connaît au moins pour
L'île au trésor,
avait écrit une petite
Apologie des oisifs. Or, je viens de m'apercevoir que le texte dormait tranquillement sur le rayonnage des livres à lire de la bibliothèque. Je ne
l'avais pas remarqué parce qu'il fait partie de l'ensemble intitulé
Essais sur l'art de la fiction (La Table Ronde, 1988, édition établie et préfacée par Michel Le Bris).
C'est un texte court, d'une dizaine de pages, que l'on peut aussi trouver
à part chez les
excellentes éditions Allia.
Je vous mets juste le début pour vous mettre en appétit :
"Aujourd'hui que tout le monde est contraint, sous peine d'une condamnation par défaut pour crime de lèse-respectablilité, d'embrasser quelque
profession lucrative, et d'y travailler avec quelque chose qui ressemble à de l'enthousiasme, une plainte de la partie adverse, qui, elle, se satisfait de ce qu'elle a, et revendique de rester
spectatrice en goûtant le temps qui passe, sent un peu la bravade, sinon la gasconnade. Pourtant, il ne devrait pas en être ainsi. L'oisiveté, ainsi qu'on l'appelle, qui ne consiste pas à ne rien
faire, mais à faire beaucoup de ce qui n'est pas reconnu dans les formulaires dogmatiques de la classe dirigeante - a autant le droit de déclarer sa position que l'industrie
elle-même."