Question cinéma : en 1960, qui joue le rôle de M. Gratteloup dans un film de Jean-Pierre Mocky intitulé
Un couple ? Attention, ce n'est pas le premier rôle (mais ceux qui
jouent l'homme et la femme du couple en question -Juliette Mayniel et Jean Kosta - qui les connaît aujourd'hui ?). Bon, le temps est écoulé. La réponse est
Francis Blanche. Marrant
de penser qu'il faisait le con dans un film de Mocky, écrit avec Raymond Queneau, excusez du peu (lequel fonde l'
Oulipo la même année), et où Claude Zidi
apparaît en arpète comme aide-opérateur, tandis que nous, infimes tason(ne)s encore, commencions à éclore et à brailler dans nos vertes campagnes. Pourquoi parlé-je de Francis Blanche ? En fait,
c'est la faute à Bifa, qui l'a cité dans un récent commentaire. Résultat :
Au bleu fouillis des mots, 1 rue du Père Adam, ma bouquinerie préférée, je tombe sur
Les Pensées
du sieur Francis, illustrées par Cabu, en Poche Pocket paru en 1984. J'achète bien sûr. Et je déguste à la maison la philosophie du bonhomme. Je ne vous en mets que quelques-unes :
Ma principale qualité : je me trouve beaucoup de défauts.
Mon principal défaut : je me trouve beaucoup de qualités.
Vous me demandez si je suis athée ?... Je suis plus intéressé par notre vin d'ici que par leur au-delà.
(Pour Dom Pic)
L'avez-vous remarqué ?... Quand on roule, on n'a jamais de contravention. C'est toujours quand on s'arrête...
J'aime bien aussi certaines pensées (mais il faudrait là plutôt parler de miettes poétiques) qui sont moins drôles mais révèlent une vraie tendresse :
Il n'y aura plus jamais de neige, sur le chemin des étangs.
Je veux parler de cette neige de nos quinze ans.
Je n'ai jamais volé que mes instants de chance
Je n'ai jamais tué que le temps qui passait
Mes poches sont percées
Mais je garde en secret le coquillage bleu du fond
de mon enfance.
Francis Blanche a vécu sans s'épargner, à toute vitesse. Ce n'est pas très tason, mais il lui sera beaucoup pardonné pour avoir été si follement généreux de sa personne. Il est parti en juillet 74,
à cinquante-trois ans seulement. Vous me dites que c'est l'âge de Sarkozy ? Ben oui. Je vous laisse méditer là-dessus.