Par Professeur Patrigeon Et Son Equipe
Bon, j 'en soupçonne certains de rester un peu sceptique devant la poésie de Louis Ecial. Ses alexandrins auraient ce je ne sais quoi de suranné où l'on peut trouver du charme ou de la vieillerie, au choix. Et ça frôlerait parfois le vers de mirliton. Pas tout à fait faux.

En conséquence, je vous sens mûr(e)s pour du contemporain, de la poésie encore s'entend, prêts à encaisser du solide, du brut de décoffrage, libéré dans sa syntaxe, bien décoincé du vocabulaire, désinhibé de la signification, du Christian Prigent par exemple.
J'ai pris ça à la médiathèque, à Equinoxe. La chose était dans le hall, sur présentoir, ça s'appelle L'Âme et c'était marqué à lire absolument. Je ne suis pas contrariant alors je les ai pris au mot, j'ai aussitôt emprunté le volume. Je n'ai pas été déçu, ce n'est pas de la poésie de petits oiseaux se baignant dans l'azur des matins frais, non, non.
Allez, je vous en livre un bref aperçu, ça vous fera un bon viatique pour le week-end à venir :
ah me dis-je rien ni
mouches ni larmes ni
bouche en cul ne
elle et moi rien
ne nous ni os ni
trèfle luzerne cageots
ni cani
cule ni noroît ni
lapins poules becs
dents poils sanguinolements
non
non
non
ne nous pompera le peu
d'air entre nous mon dieu !
N'y voir aucune allusion au référendum de dimanche...
Quant au mon dieu, désolé, c'est plus fort que moi...
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