
Bien sûr,
vous l'avez reconnu, à côté de l'imprimeur c'est le premier des Suprêmes Tasons :
Paton. Ce qui nous conduit ipso facto à constater que ce qui distingue un suprême du commun des
mortels, c'est le surnom. Le suprême, en effet, est surnommé, parfois même il a plusieurs surnoms. L'usage des langages dérivés en
al ou en
ande (sur lesquels la linguistique
tasonne devra un jour ou l'autre se pencher) a d'ailleurs multiplié le nombre de surnoms déjà existants. Le pékin moyen y perd son latin (expression devenue absurde car ce qui caractérise de
nos jours le pékin moyen, c'est entre autres choses le fait qu'il n'a jamais fait de latin).
Chez Léon, par exemple, on ne faisait pas de latin. Normal, direz-vous, ce n'était pas au programme. Le latin, c'était plutôt dans la crémerie d'en face, au patronage, chez
Tassin, le redoutable abbé Tassin, qui professait un catéchisme que n'eût pas renié Monseigneur Lefèvre. Mais je m'égare, il faut que je vous parle du Paton, alias Patrice Carret (j'ai donné
les noms des autres, il est de bonne justice de donner aussi ceux des tasons).
Donc Paton. Extraordinaire croisement d'un savoyard et d'une allemande, qui n'ont rien trouvé de mieux que de s'échouer au centre de la France, dans un petit bourg limitrophe des
solitudes marchoises. A l'époque, force est de reconnaître que Tasonlande attirait encore, les bouchers y pullulaient et les couples transnationaux y migraient en toute impunité. C'était l'âge
d'or, le nombre de buvettes commençait à peine à reculer, et il était recommandé de fumer dans les endroits publics si l'on ne voulait pas se faire remarquer.
(A suivre)