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La croisade des Tasons (3)

Résumé des épisodes précédents : Les seigneurs Tasons arrosent les retrouvailles avec le marquis du Bost dans un boui-boui des Balkans, chez Monik. Seront-ils assez frais pour reprendre à l'aube leur marche vers la Terre Sainte ?

Bref, en 1123, cent-vingt cinq ans après le départ de Gargilesse, les seigneurs tasons arrivent enfin à Constantinople. Là, ils apprennent que cet imbécile de Godefroi de Bouillon est trépassé et que d'ailleurs Jérusalem a été repris par ces rascals d'infidèles. Désespérés (pourquoi ces connards ne les ont-ils pas attendu pour donner l'assaut ?), ils se soûlent la gueule dans un rade byzantin pendant trois longues années, à l'issue desquelles ils se souviennent soudain de la promesse faite au patron de Gargilesse. En fait, la ceinture de chasteté de Nini de Launay, minée par la rouille, est tombée en poussière et la coquine a accouché de deux beaux jumeaux, fruit d'un commerce coupableavec un seigneur breton de passage, fort tason lui aussi.

Dégrisés, les tasons repartent en 1234, sous les ordres du duc de Fernet-Branca, un capitaine sympathique qu'ils quittent cependant pour rejoindre la troupe du Prince de Gibolin. Hélas, aucune trace de ce nouveau voyage n'a été conservée dans les chroniques de l'époque. Selon certains, l'équipée tasonne se serait perdue dans les sables mouvants du désert de Gobi. Vous me direz, le Gobi, c'est en Chine... Oui, c'est vrai, mais n'oubliez pas, toujours la tactique du contournement, l'enveloppement par les ailes des positions adverses...

Pendant ce temps, Saint-Louis,qui attendait les tasons pour lui prêter main forte, meurt de chagrin devant Tunis (et non de la peste comme on l'a affirmé jusqu'ici). Il savait bien que sans ces valeureux guerriers, à la patience inlassable, tout siège de Jérusalem était voué à l'échec. En 1270, c'est donc la fin des Croisades. Pourtant en 1345, un poète persan signale l'arrivée dans sa ville d'une douzaine de cavaliers hirsutes, dont un petit très braillard, qui lui aurait demandé la route deJérusalem avant de l'entraîner dans la taverne la plus proche.

En souvenir des preux chevaliers, le poète aurait composé le quatrain suivant:

J'ai rencontré un vieux chez un marchand de vin ;

J'ai dit : « Quelles nouvelles des morts, vieux devin ? »

Il m'a dit : « Bois du vin! Beaucoup de comme toi

Sont morts, on attend de leurs nouvelles en vain! »


Ce soir, je ne saurais dire mieux que ce poète persan. Buvez du vin !

 

La Croisade des Tasons

Université de La Buxerette. Département des Etudes Historiques (Pr. Patrigeon Et Son Equipe).

 

 



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D
La croisade des tasons (4)<br /> Il serait injuste de clore le chapitre de l’épopée de la croisade des tasons sans évoquer son chroniqueur, l’abbé Patrigeonus de la Font du Four, qui fut également le guide de l’expédition. C’est cet érudit qui, avec la pertinence que l’on sait, orienta nos pèlerins en lisant leur chemin dans les étoiles…de bouteilles de pinard capsulé.<br /> Acte volontaire ou omission, l’abbé Patrigeonus s’est garder de mentionner que les seigneurs tasons revinrent de leur périple en possession du Saint Graal. Après avoir trôné durant plusieurs siècles sur la plus haute étagère derrière le bar chez Monique, celui-ci servi finalement de trophée pour un concours de boules. Avis aux amateurs, un best-seller reste à écrire : « Da Bouliste Code ».<br />
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