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Le vampire de Ropraz

Certains vont penser que ça tourne à l'obsession. Peut-être bien après tout... Mais que voulez-vous, alors que je flâne nonchalamment dans les allées de Cultura (désolé, je ne fréquente pas que les librairies indépendantes, je ne vais pas vous mentir), je vois sur l'étal des nouveautés en Livre de Poche Le Vampire de Ropraz de Jacques Chessex. Un auteur que je ne connais que par quelques chroniques littéraires, assez pour savoir qu'il ne donne pas précisément dans la bluette (il a eu le prix Goncourt en 1973 avec L'Ogre, c'est dire sa prédilection pour le monstrueux).

Et de fait je ne suis pas déçu : c'est rugueux, c'est fort. Inspiré de faits réels, ce court roman, sans vous filer vraiment les jetons, vous dresse un tableau assez âpre de la campagne suisse au début du siècle dernier.
Voici le résumé de la quatrième de couverture, quand les résumés sont bien faits, il faut en profiter : "En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite.
Un matin, on trouve le cercueil ouvert, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Le nommé Favez, un garçon de ferme, est le coupable idéal. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière.
Qui mieux que lui sait dire la " crasse primitive ", les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?"

Allez, en prime, un petit extrait, début du chapitre V :
"En attendant il court, il court, le vampire de Ropraz, cousin lointain et si ressemblant de Drakul, maître lunaire des abrupts de la Valachie et de la Transylvanie désolée de crimes. Il a pour lui l'effrayante parenté des Carpates et des contreforts vaudois aux noires forêts où il se cache, affûte sa soif et sa faim, le mangeur de la pure Rosa."
On peut lire aussi la belle chronique que Jean-Claude Lebrun consacre au livre dans l'Humanité.
Et, j'allais oublier,  bon anniversaire au Vampire du Sentier, alias le Baroudeur (480 ans aujourd'hui) !



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J
C'est bien mon p'tit, c'est gentil de penser à mon anniversaire, parce qu'à mon âge, yen reste plus beaucoup pour me l' souhaiter...
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D
La scène la mieux, c'est quand, à l'abri d'un préau, après avoir fait sauter les clous rouillés de son cerceuil, le vampire plante ses crocs dans le cou d'un charolaise.
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