Parfois une chanson vous chavire et vous ne savez pas très bien pourquoi sur l'instant, car ça peut être un morceau de variétoche infâme, une daube à vous filer la honte de l'évoquer avec
des potes. En fait, ce n'est pas la musique en elle-même qui vous a touché, c'est le souvenir qu'elle a remué, la mémoire qu'elle a fait affleurer. Pour ne prendre qu'un exemple personnel, le tube
de
Culture Club,
Do you really want to hurt me ?, est indissolublement lié au petit mois de service militaire passé à Avord. Dans le
foyer, il passait quasiment en boucle toute la journée. Et encore j'ai cité là un morceau somme toute honorable...
Tout ça pour dire que la bande-son de notre jeunesse (car c'est surtout pendant la jeunesse que l'on est réceptif à la musique, que l'on en a comme un besoin viscéral) n'est pas faite que de pièces
choisies : le bruit de fond des hit-parades nous a, bien malgré nous, parfois contaminés. Et nous devons reconnaître avec honnêteté ( je parle au moins pour moi) que certaines chansonnettes de bas
étage nous donnent parfois du plaisir (je ne parle pas d'une certaine tendance boboïde qui se fait à l'inverse carrément une gloriole de priser hystériquement ce répertoire).
Tout ça pour en venir où ? Ah oui, je voulais vous parler d'un autre blog que j'aime bien, celui de
Richard Gonzalez, journaliste et photographe. L'autre jour, il affichait sur le lecteur
Deezer, dont il use, comme moi, de temps en temps, le même morceau de Pink Floyd :
The Great Gig in the
Sky. Coïncidence encore.
C'est juste encore l'occasion de découvrir quelqu'un qui sait regarder, qui voyage et n'oublie pas d'ouvrir les yeux sur les merveilles et aussi les
misères des pays qu'il traverse ; quelqu'un aussi qui écrit avec beaucoup de
poésie et de tendresse.
Pas de photo pour ce billet : allez voir les siennes. Ou la dernière du
Tampographe,
dans un autre style, il est vrai.