Mercredi matin, je me rends à la MAIF (assureur militant) pour une rectification de contrat. J'eusse pu la faire par téléphone, mais c'est justement après un entretien téléphonique que
plusieurs erreurs (bénignes) ont été commises. Donc je vais voir les gens, je préfère. Quand j'arrive, deux autres personnes attendent leur tour. Je m'assieds et regrette déjà de ne pas avoir
emporté de la lecture. Je me rabats sur la littérature assurantielle (je ne suis pas certain de l'adjectif...), les prospectus sur le contrat PACS et autres joyeusetés. Une seule employée ce
matin apparemment, bien occupée à traiter le cas d'une instit dont de sales gamins ont aspergé d'encre rouge le pantalon blanc, et par derrière, les lâches. Hélas, c'est arrivé hier, et
son contrat à la Fraternelle était caduque. Bon, je comprends vite que ça

va
mettre du temps à être dénouée cette affaire d'aspersion. Coup de fil au siège, ou je ne sais où : visiblement, il y a un bon petit moment que la dame accapare l'employée. Si bien qu'une des deux
femmes qui attendaient avant moi se lève brusquement et décarre fissa, la mine pincée. Enfin, la dame de la Maif laisse l'autre au téléphone se débrouiller avec des instances supérieures et traite
enfin le cas de l'autre femme. J'oubliais : entre temps, un type est venu, juste pour demander si untel était là cet après-midi (mais il a longtemps parlé avec l'instit aspergée). Il a reçu,
semble-t-il, des réponses un peu évasives et il est reparti en maugréant. J'ai crû l'entendre balbutier le mot
accueil. Pourtant, juste devant moi, un peu partout en fait, je pouvais lire
que la Maif avait reçu le
1er Prix de la Relation Client depuis 5 ans, Secteur Assurance. Moi, ça me rassure, ces annonces-là.
L'afffaire de l'autre femme est vite traitée et c'est enfin mon tour. L'employée, trente-cinq ans de boutique, ne m'a jamais vu. Il est vrai que ce doit être la troisième fois que je mets les pieds
ici depuis presque trente ans que je cotise à la Maif. Bon, à part ça, tout baigne, et cette dame est charmante avec moi. Rectifiant mon dossier, elle me demande :
- Collège ou lycée ?
Je suis un peu surpris. Je dis simplement :
- Ecole.
Elle lève les yeux de son clavier, me dévisage :
- Pourtant, vous êtes calme.
De là à en conclure que les instits sont en général d'insupportables chieurs, et qu'à côté les profs c'est du bonheur, il y a un pas que je me garderai bien entendu de franchir...