C'est une observation à la con, surtout à l'heure du chikungunya et de la grippe aviaire, mais que voulez-vous, ce blog est fait pour ça, les observations à la con, observations de tason qui ne font pas avancer le monde d'un poil d'aisselle à Adèle, mais l'ambition du tason, vous le savez bien, n'a jamais été de faire avancer le monde, bien au contraire.
Donc, vous me connaissez, bricoleur impénitent, toujours entre deux chantiers, j'ai soudain décidé, après un an de réflexion, de changer le papier peint de notre chambrette. Nous voici donc hier, au Forum du Poinçonnet, pour procéder aux achats nécessaires. Magasin Chantemur, pour ne pas le nommer : je n'ai pas résisté à la poésie du nom, qui fleure bon la comptine de cour d'école. On déchante un peu en passant la porte : un grand magasin sans fantaisie, légérement soviétique dans sa conception, où, par une sorte de miracle inexplicable, nous trouvons quand même papier à notre goût. Surprise : une seule vendeuse officie dans le lieu. Je songe qu'il est fort heureux que nous ne soyons que trois familles à déambuler ici cet après-midi. Mais peut-être est-ce là le trafic habituel en semaine : la direction, qui a bien sûr procédé à une étude de marché, a su optimiser les ressources humaines. Pas des cons chez Chantemur.
Aujourd'hui, comme je me baladais en ville avec ma fille (oui, pas d'affolage, les travaux ne commenceront que la semaine prochaine), je passe devant une des rares boutiques castelroussines à avoir ouvert ces derniers mois - il est vrai qu'on a pris plutôt l'habitude de les voir fermer... C'est une boutique d'informatique, grande comme deux fois notre chambrette, qui n'est pas si grande que ça. Or, derrière le comptoir, pas moins de trois vendeurs, trois jeunes loups bien sapés, genre dynamiques en diable. Je sais bien que le nombre de vendeurs n'a pas à être proportionnel à la taille du magasin, mais moi, j'ai horreur de ça, d'avoir affaire à trois vendeurs à la fois : ma vieille parano resurgit et je me dis que ces trois-là vont inévitablement se foutre de ma poire quand je vais leur demander maladroitement, avec des mots inadéquats, un de ces trucs de nouvelle technologie qui n'a pas de secret pour eux. Il faut croire que l'informatique paie plus que le papier peint pour pouvoir faire vivre trois loustics au lieu d'un.
Ou bien la direction a oublié de faire une étude de marché et ils vont s'en mordre les doigts. Et dans trois mois, la boutique aura mis la clef sous la porte.
Bon, je ne suis pas rentré, d'ailleurs je n'avais rien à acheter, mais si j'avais eu un besoin, je crois que je serais allé ailleurs.
Je ne me rappelle pas le nom de cette boutique, mais ça devait pas être de la poésie. Vous verrez jamais une de ces échoppes se nommer Chantepixel ou Chantesouris.
Suis allé m'acheter un livre d'occase à la Bouquinerie, 1, rue du Père Adam. Le bleu fouillis des mots, ça s'appelle.
Et ça c'est de la vraie poésie.