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La fiction brève du lundi de Pâques : Mamelles et tabaillon

les-molles.jpg Autrefois des vaches sortaient par ces portes, de ces lourdes vaches noires et blanches qu'on appelait des hollandaises. Leurs mamelles énormes encombraient leur marche, promesses d'abondance laitière, dodelinant de manière somme toute ridicule, mais c'était le prix à payer pour avoir un de ces excellents beurres jaunes dont on n'a plus idée. Et pour leur compliquer la simple tâche de se mouvoir, il y avait aussi le tabaillon, un bout de bois servant d'entrave qui pendait entre les pattes de devant, râclant le chemin. Cela faisait image : fréquemment on nous enjoignait, nous les gamins, de ne pas rester en tabaillon, autrement dit dans les jambes des grandes personnes. Qui connaît le tabaillon aujourd'hui ? Une recherche sur Google avec les mots tabaillon et vache n'a donné que quatorze misérables résultats : de plus, un certain Vincent Tabaillon occultait la seule vraie réponse pertinente. Il faut bien se rendre à la terrible évidence : le tabaillon a vécu, et les mottes de beurre jaune des hollandaises, à l'instar des mottes féodales, ne seront bientôt plus que vestiges archéologiques...

Qu'est-ce que c'est que cette poussée de nostalgie soudaine ? Que nous vaut ce ton funèbre ? L'auteur va-t-il d'ici peu nous infliger ses Mémoires ?  Est-ce le grand retour de la morale dans les nouveaux programmes de l'école primaire qui inspire cette prose remémorante et mamellue ?

En vérité, il semblerait plutôt qu'au moment d'entrer dans l'écriture, le dit auteur n'avait pas une seule idée qui vaille. Or, la nature littéraire a horreur du vide, et, par une singulière idiosyncrasie, il se trouve que dans ces cas de néant inspiratoire, le cerveau de l'auteur ne trouve qu'un seul expédient : la vache. D'autres, plus malins, trouvent à s'immerger dans des images plus artistiques, s'abandonnent à de somptueuses épiphanies de femmes ou de monuments. Lui, non, c'est la vache.

Il n'est pas sûr que sa réputation en sorte grandie.
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C
Je connais le mot "tabaillon". Il m'a été appris par ma mère, avec la définition & pour l'usage que vous en donnez. Je ne sais dans quelle région se situe la ferme dont vous montrez la photo ; ma mère a vécu son enfance dans le sud de l'Indre, non loin de la Creuse (rivière & département), dans un hameau du bourg d'Eguzon. On y traitait quelqu'un de tabaillon quand il avait tendance à se cogner dans les meubles, dans les portes, un peu partout. Et le verbe "se tabailler", pour dire se cogner quelque part.<br /> Pour les vaches, ce n'étaient pas les mêmes, mais des "vaches rouges", de race limousine, au caractère irascible; paraît-il. Les hollandaises m'ont été connues en Normandie ; c'est ainsi qu'on appelait celles qu'on nomme aujourd'hui Holstein, voire Prim Holstein. Je respecte vos nostalgies d'enfance, mais ne saurais me joindre à l'éloge que vous faites de ces stakhanovistes, du lait, agentes & victimes tout à la fois de l'élevage industriel, & tueuses de la diversité des fromages : il y en a partout, semble-t-il, comme me l'ont appris des visites au salon de l'Agriculture !<br /> Ma mère avait aussi un synonyme de tabaillon, que je n'ai pas bien identifié : "ferlot "(orthographe ?), prononcer : feurlot. Comme on a tendance, dans ce pays-là, à inverser l'e & le r, il se pourrait que ce fût : frelot ailleurs.
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D
Mancabe !
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L
j'aurai bien 2 ou 3 choses a dire sur le coté érotique d'une vache... mais vu le commentaire que j'ai osé commettre sous le billet "dedette open du 17 fevrier" je me tais, et garde mes reflexions grivoises pour moi ça evitera bien des choses...............
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N
Précisons un peu les choses : rien de moins érotique, à mon sens, que la vache. Sa mamelle n'excite pas, il faut bien en convenir. C'est justement pour cette raison que la vache est reposante, dans cette absence d'appel à la libido. La vache dans sa nudité candide ne nous émoustille pas et nous lui en savons gré. Le macho, tason ou non, baigne dans une innocence retrouvée. Ce silence des sens, dans un environnement où tout porte aux manoeuvres de la séduction, où la fibre érotique est sans cesse sollicitée (que ce soit pour vendre une bagnole ou une râpe à fromage), ce silence des sens, dis-je, est une bénédiction. Vive la vache !
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D
Résumé<br /> de la digression pascale<br /> Quand les<br /> idées ne se tabaillent pas, notre auteur sait toujours à quel sein se vouer.
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