Par PPESE
N. Un qui se divise. Des yeux. Le grand écran au fond qui se met à fourmiller. Et puis mes yeux à moi aussi qui se mettent à fourmiller. Mes cinq heures de sommeil de l'autre nuit sans doute, la journée de voiture et de boulot. L'irrépressible somnolence s'installe. Je me bats, mince, un spectacle d'une heure, à l'heure du JT, on doit pouvoir tenir. Je ne tiens pas, je me réveille par intermittences, avec l'angoisse d'avoir peut-être ronflé. Je me raccroche, je fixe la scène désespérément, mais tout conspire contre moi, la même pénombre, la musique répétitive, les choeurs lointains, éthérés. Pour être juste, je ne peux même pas dire si c'était un bon ou un mauvais spectacle. Je n''ai vu que des bribes, des fragments. Bon, il n'y avait pas d'intrigue à quoi se suspendre, mais quand même, d'habitude ce n'est pas ça qui m'arrête, je me laisse porter par la scénographie, la musique, la poésie du texte ou des gestes, la puissance des voix. Infoutu ce soir de ne pas perdre pied. Comme un gosse, je me mouille les yeux avec ma salive. Rien n'y fait. Coulé. A pic. Les applaudissements crépitent. Deux rappels comme il se doit (le public d'Equinoxe est toujours poli). Je me lève. Je fuis bien vite. Pas question de rencontrer quelqu'un qui me demanderait mon avis. Je rafle au passage la plaquette de présentation que j'ai négligée de lire avant la séance. Je lis ça : "La scène constitue un espace privilégié pour exhiber les modalités d'apparition du sens."Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog