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Mieux fait de me coucher

Tel que vous ne me voyez pas, là, devant mon clavier, je reviens d'un spectacle à Equinoxe. Pas de trois, ça s'appelait. C'était à 20 heures, pas tard donc. Juste après avoir couché la chipie Violette, je me rends  à pied jusque là-bas. Je ne sais plus du tout de quoi il s'agit, j'ai choisi ça dans mon abonnement en juin mais j'ai complètement oublié le détail. Sûr, c'est pas la Comédie Française ou l'Orchestre Symphonique de Vienne, je subodore quelque danserie contemporaine ou tentative théâtrale bizarroïde, mais c'est tout. C'est la surprise,en somme. Donc je m'installe, bien placé que je suis, cinquième rang, un peu sur le côté, mais pas mal quand même. Après la petite allocution traditionnelle de François Claude, ça commence. Dans la pénombre. Et ça continue bien sûr. Toujours dans la pénombre. Jeux d'écrans, de projections d'images. Un U, un N. Un qui se divise. Des yeux. Le grand écran au fond qui se met à fourmiller. Et puis mes yeux à moi aussi qui se mettent  à fourmiller. Mes cinq heures de sommeil de l'autre nuit sans doute, la journée de voiture et de boulot. L'irrépressible somnolence s'installe. Je me bats, mince, un spectacle d'une heure, à l'heure du JT, on doit pouvoir tenir. Je ne tiens pas, je me réveille par intermittences, avec l'angoisse d'avoir peut-être ronflé. Je me raccroche, je fixe la scène désespérément, mais tout conspire contre moi, la même pénombre, la musique répétitive, les choeurs lointains, éthérés. Pour être juste, je ne peux même pas dire si c'était un bon ou un mauvais spectacle. Je n''ai vu que des bribes, des fragments. Bon, il n'y avait pas d'intrigue à quoi se suspendre, mais quand même, d'habitude ce n'est pas ça qui m'arrête, je me laisse porter par la scénographie, la musique, la poésie du texte ou des gestes, la puissance des voix. Infoutu ce soir de ne pas perdre pied. Comme un gosse, je me mouille les yeux avec ma salive. Rien n'y fait. Coulé. A pic. Les applaudissements crépitent. Deux rappels comme il se doit (le public d'Equinoxe est toujours poli). Je me lève. Je fuis bien vite. Pas question de rencontrer quelqu'un qui me demanderait mon avis. Je rafle au passage la plaquette de présentation que j'ai négligée de lire avant la séance. Je lis ça : "La scène constitue un espace privilégié pour exhiber les modalités d'apparition du sens."
Faut-il continuer ?

Je rentre à pied, la pluie fine me bat délicieusement le visage. Je me dis que je vais en parler dans le blog. Comment recycler les moments perdus.
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L
quoi les blondes?????????? <br /> on y avait echappé sur ce blog.....
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P
Ah, les blondes ! Tiens, Adèle, c'est pas tellement notre genre d'habitude, mais dans l'équipe on se régale avec cette bonne blague de blondes :http://embruns.net/logbook/2006/01/05.html#003190(comique de répétition...)
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A
T'avais qu'à regarder "L'été en pente douce" et te laisser emporter par le charme incommensurable de Jean-Pierre BACRI - ou accessoirement de Pauline LAFONT (mais moi, personnellement, les blondes ...)
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