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La fiction brève du dimanche : le trampoline italien

  

  Le    trampoline

   italien

   Le jour où Olga m'a quitté, je me suis également fracturé le péroné. Stupidement. En dévalant l'escalier de ma piaule pour rattraper mon idiot de beau-frère qui avait une fois de plus embarqué mon briquet. Enfin c'est ce que je croyais, parce que, pour une fois, ce n'était pas vrai. Mais je ne l'ai su qu'en rentrant de la clinique, trois semaines plus tard : le briquet était tombé derrière le canapé du salon. C'était facile sur le coup de s'en apercevoir  car c'est à peu près tout ce qui me restait comme meuble dans mon appart : Olga avait visiblement profité de mon petit séjour au pavillon chirurgie pour m'aménager un petit espace zen propice à la méditation sur les aléas de l'existence.
  L'ambulance qui m'avait ramené était passée devant le gymnase récemment incendié de mon quartier : est-ce que c'est ça qui m'a donné l'idée de foutre le feu au canapé ? La mousse qui surgissait en divers points de l'objet ( et qui était sans nul doute la raison de son oubli par Olga) devait être extrêmement toxique : avec un peu de chance, j'allais périr axphyxié avant de  connaître les souffrances du bûcher.
    C'était sans compter sur cette engeance de briquet. Il refusa obstinément de fonctionner. Je comprenais mieux maintenant pourquoi mon beau-frère avait oublié de me le carotter.
    Démuni de feu, de revolver, de barbituriques, de corde et impuissant à me jeter par la fenêtre (et du premier étage où j'étais, je risquais plus le ridicule que le trépas), je résolus, avec une philosophie qui m'étonna moi-même, de surseoir à cette tentative d'auto-élimination.
    Je dormis ce soir-là, faute de mieux,  dans le canapé, me rappelant que la dernière fois que je fis l'amour avec Olga, c'était  précisément sur ces inconfortables coussins. Elle  avait voulu essayer une nouvelle position, le trampoline italien, et j'avais failli y laisser deux cervicales.
   Je n'étais soudain plus si sûr que son départ fût un malheur.

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H
Ca oua chier, l'Adèle AISSELLE est arrivée en pays picton ! Olga n'a qu'à bien se tenir
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K
moralité: "tant va la cruche à l'olga qu'à la fin elle se casse "
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D
Résumé de la fiction brève du dimanche<br /> Cela restera toujours une énigme pour son frère qu’Olga ait pu, avec son tempérament latin, rester aussi longtemps auprès d’un neurasthénique hypocondriaque infoutue de faire des étincelles, même avec un briquet.
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