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La fiction brève du dimanche : Le djebel de Sandra la Louve

porte-beaumont.jpgIl s'inventa des déserts.  N'en disposant pas  au sortir de la résidence  où il occupait  le même  F3 avec baignoire-sabot depuis douze ans, il résolut de réaménager complétement ce territoire, sans en référer à personne, et surtout pas aux sommités municipales qui l'avaient tourné en ridicule dans la seule réunion de quartier où il mît jamais les pieds - sa proposition de recréer un marécage à la place de la grande barre qu'on venait de faire imploser au printemps n'avait suscité qu'une saumâtre marée de ricanements. Il se l'était tenu pour dit : il ne pourrait rien faire avec ces gens-là. Sa première initiative consista à rebaptiser chaque rue, chaque place, chaque square, chaque pâté de maisons ou d'immeubles - en son for intérieur, s'entend, car rien ne devait transpirer de ce vaste projet. Il eut ainsi rapidement le plaisir chaque matin en se rendant au  bureau de traverser le grand erg de la Mélancolie (qui s'était donc substitué à la place Raymond Boulion, nom d'un ancien édile qui avait bétonné régenté la ville pendant trois décennies), de fouler la Piste des Cafards Géants (ex- avenue du 37ème R. I. ) et  de s'engouffrer dans  le djebel  de  Sandra la Louve  (autrement dit la rue des Pavillons, où logeait une  jeune femme inaccessible dont le regard de braise le rendait fou chaque fois qu'il la croisait à la supérette Casino  l'oasis d'Antinéa).

Il ne s'arrêta pas là. La marche lui étant de plus en plus pénible avec ces dunes qui ne cessaient de progresser dans le quartier,  il décida de passer à la locomotion chamalière, mais il eut beau explorer toutes les oasis de la région, aucune n'en possédait en rayon, aussi se rabattit-il sur ce qui était le plus approchant, à savoir un ancien modèle d'Ami 6, récalcitrant au démarrage, blatérant à s'y méprendre, bosselé comme il se doit, avec réserves graisseuses abondantes et fuites sur la lunette arrière permettant  la récupération d'eau dans l'habitacle : un vrai bonheur.

Son malheur vint de ce qu'il tint absolument à frayer avec les "hommes bleus" : ces princes du désert qui surgissent toujours là où vous ne les attendez pas et vous dévalisent promptement la caravane. Malgré toute sa bonne volonté, il ne parvint jamais à pénétrer leurs codes et même à comprendre quoi que ce soit à leur idiome.
L'Ami 6 fut razzié et son conducteur mis à pied pour une durée indéterminée.

Un sombre matin, il ne retrouva pas Sandra la Louve derrière sa caisse chez Casino. On lui dit qu'elle était montée à la capitale ; il n'en crut pas un mot. Elle avait été enlevée par les hommes bleus, il n'en démordrait plus. Fou de désespoir, il se jeta dans l'oued de la ville qui n'était jamais à sec mais ne dépassait pas la profondeur nécessaire pour vous envoyer au jardin d'Eden. Plus bossué que sa regrettée Ami 6, il jura de  retrouver celle qui faisait chavirer ses nuits et de l'arracher à ses ravisseurs : ce serait son Grand Périple.

Certains assurent l'avoir croisé, remontant l'A20 sur les bas-côtés, du côté de Lamotte-Beuvron. Sans savoir que ce pélerin inlassable arpentait en réalité le grand reg de Sologne.

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K
Résumé de la fiction brève du dimanche par Pierre Dac.Mieux vaut prendre ses désirs pour des réalités que son slip pou une tasse à café .
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K
Résumé de la fiction brève du dimanche soir par Pierre Dac :  Mieux vaut prendre ses désirs pour des realités que son slippour une tasse à café .
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D
Résumé de la fiction brève du dimanche Grâce à un procédé narratif astucieux, une fiction à petit budget avec des décors pourraves, des accessoires miteux et des acteurs de seconde zone nous emmène sur les traces de « Lawrence d’Arabie », en mieux.
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A
ou autre titre : "Le Désert des Tartasons"
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