Par Nil Pétarbrock
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Bar de la Poste
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| C'était dans un temps révolu ( je me demande d'ailleurs pourquoi je vous raconte ça aujourd'hui, ça n'a pas beaucoup d'intérêt, voire même pas du tout, mais ça m'est revenu, cette petite anecdote insignifiante et le mieux c'est que je m'en débarrasse une bonne fois pour toutes). Oui, je disais donc que c'était au temps où nous allions user nos nuits dans les bouges creusois. Sur le chemin, nous nous arrêtions parfois (il faut pas croire que c'était systématique) au Bar de la Poste, à D. Un bar étroit, avec du néon qui claque, et du pastis qui dégringole dans les verres et les gosiers. Le patron, un vieux gaillard pas regardant sur les doses, remettait vite sa tournée pour peu que vous ayiez un brin de conversation. Si je me souviens bien, il était un poil anar sur les bords, légérement atypique pour un patron de bar. Après plusieurs rafales de jaune, nous reprenions la route plein sud. Il nous demandait où on allait. Il connaissait invariablement le proprio du lieu et insistait alors pour qu'on y boive un coup à sa santé. Il nous glissait un billet de cinquante francs et il était impossible de refuser (on ne se faisait guère prier d'ailleurs). Aujourd'hui, j'ai envie de lever mon verre en souvenir de ce gars-là. |
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