Par Norbert Klapic
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Quand j'ai vu cette photo dans l'article de la Nouvelle République consacré à la grève au collège George Sand de La Châtre, j'ai été estomaqué. "Le principal est soutenu... Les personnels muselés... Stop" Fort bien. Sauf que la réalité est exactement inverse.
Muselés les personnels ? Alors que les médias leur sont généreusement ouverts - ce dernier article en témoigne encore -, la NR, l'Echo du Berry répercutant sans rechigner leurs prises de position. Muselés ? Alors que plusieurs réunions ont eu lieu, dont l'une avec le directeur d'académie, qu'une cellule d'écoute a été mise en place, qu'un protocole de remplacement du principal est opérationnel. Des pressions ont-elles été exercées sur les grévistes ? Des menaces proférées ? Si cela était, je pense bien qu'elles auraient été - et à juste titre - dénoncées par ceux-là mêmes qui aujourd'hui manifestent.
Le principal soutenu ? Oui, par le Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale et de l'UNSA Éducation qui, mi-février, dénonçait "fermement des propos accusateurs et diffamatoires tenus ces derniers jours » et appellait les personnels « à respecter les procédures mises en place afin de désamorcer une situation que certains se complaisent à aggraver ». Je n'ai pas connaissance d'une autre intervention plus récente. Soutenu par qui ? L'administration ? Qui enjoint à Roland Pascaud de s'en tenir à son devoir de réserve. Ce qui l'empêche dans les faits de se défendre, de plaider sa cause, et semble accréditer par un silence qui perdure les accusations qui sont lancées. Qui est muselé ?
Je ne suis pas là pour juger sur le fond de l'affaire, je n'en ai ni les moyens, ni la légitimité, je veux juste dire ici qu'un homme est accusé sans possibilité de répondre à ses procureurs. Est-ce là justice ? Est-ce là la morale d'aujourd'hui ? Peut-on agir sans se poser aucune question sur la souffrance d'un homme et de son entourage familial et amical ? J'observe pourtant qu'aucune plainte au pénal n'a été déposée et qu'aucune faute professionnelle n'a été jusqu'à nouvel ordre établie.
Le 17 février, toujours dans la NR, Mathieu Drillet, enseignant et représentant du Snes, affirmait cependant : Nous ne réclamons pas le départ du chef d'établissement mais que le problème soit résolu maintenant. » Et aujourd'hui, alors même que le dit chef d'établissement ne suit plus le quotidien du collège que depuis son domicile, on veut absolument le démettre. Dans cette impitoyable arène qu'est devenu le collège de La Châtre, une tête doit tomber, l'honneur d'un homme doit être sali.
S'il y a eu faute, qu'elle soit établie, prouvée, et qu'elle soit sanctionnée. Dans le cas contraire, qu'on rende justice à un homme qui, comme chacun de nous, peut connaître des rigidités et des maladresses, mais qui a toujours exercé son métier sans démagogie. En attendant, oui, stop, que cesse la désinformation. Que cesse la curée.
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