Tasons illustres

Mercredi 2 mars 2005
Les Tasons ont eux aussi un devoir de mémoire : ils n'oublient pas les précurseurs, les défricheurs, les visionnaires de la tasonnerie, ceux qui ont oeuvré pour nous rendre la vie plus riche, plus chatoyante, plus sensuelle et veloutée. Dans le calendrier 1996, la rubrique "Les grands tasons du passé" se voulait un hommage à ces pionniers trop souvent méconnus, voire carrément oubliés, ou pire : dénigrés.
En mars, nous ressuscitions la figure ô combien généreuse de Gaëtan Picon :



Cet homme peut être fier de sa descendance : son arrière petit-fils Claude Gonfreville a en effet créé en 1951, le pastis PEC (Picon Et Compagnie), qui pendant vingt ans fera le bonheur des estaminets avec cet immortel slogan "PEC, le pastis impecc".


Par Professeur Patrigeon et son équipe
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Mardi 8 mars 2005
Notre président le déclarait encore hier sur France-Culture (où on ne manque pas de l'inviter régulièrement) : "Le monde littéraire ne s'est jamais remis du brûlot publié par Albert Vyl". Il avait raison (comme d'habitude) : Je n'y suis pour rien, ce livre flamboyant  édité si je me souviens bien, aux éditions du Séquoiadendron Sempervirens, avait bousculé le petit monde germano-pratin au point qu'aucun article n'avait paru dans la presse de l'époque. Censure totale, silence des radios, mutisme de Pivot : l'intelligentsia frappée au coeur n'eut de cesse d'enterrer le pauvre Albert Vyl. Aujourd'hui, nous sommes plusieurs à réclamer une réédition du précieux volume. Et je fais appel, le mien de volume m'ayant été volé par une groupie indélicate, à tous ceux qui le possèdent encore. Envoyez photos, scans, extraits. Nous ouvrirons ici sans tarder le dossier Albert Vyl.
D'ailleurs, qu'est-il devenu, notre sulfureux auteur ?  Le Professeur Patrigeon Et Son Equipe mène l'enquête. Bientôt des révélations sur ce site.
Par Robin Plackert
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Vendredi 11 mars 2005
Dans l'Enfer de la bibliothèque municipale de Lourdoueix Saint-Michel, nous avons retrouvé un des exemplaires inestimables de Je n'y suis pour rien, le livre fameux d'Albert Vyl.



Au dos du volume, Vyl (ou son éditeur) avait reproduit avec sa forfanterie habituelle les rares éloges reçus à l'époque :




Par Robin Plackert
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Samedi 12 mars 2005
Après une semaine d'enquête forcenée, où nous avons remis en branle tous nos réseaux de renseignements, contacté Didier Julia, Didier Drogba, Didier Deschamps et les éditions Didier Jeunesse, relancé indics et barbouzes, banquiers de la Société Générale et concessionnaires Volvo de l'Essonne et de la vallée de l'Yvette, nous sommes en mesure de révéler les faits suivants : Albert Vyl a effectué un long séjour à Berlin. Aujourd'hui, il est introuvable, mais les traces de son passage dans la métropole allemande sont indubitables. Témoin tout d'abord, ce cliché pris sur le Mur avant sa démolition :



D'autre part, il semble bien que notre auteur a frappé les esprits d'outre-Rhin, et singulièrement la gent féminine, comme en atteste cette couverture d'un magazine féminin :



Mais l'enquête ne s'arrête pas là. Ce que nous avons découvert défie l'imagination. (A suivre)
Par Professeur Patrigeon Et Son Equipe
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Lundi 14 mars 2005

 Pour mémoire, la biographie non autorisée rendue publique à Lourdoueix Saint-Pierre, en février 1992 (treize ans, déjà...). Rien n'a été changé, à peine une virgule par-ci, par-là (pourquoi changer ? tout était authentique).


Pascal L. naît le 14 mars 1960 à La Châtre. Il n'est pas encore le merveilleux instrumentiste que chacun connaît. Loin de là. Ses parents songent même sérieusement à le confier à la DDASS tellement ils sont épuisés par les braillements continus et discordants de leur progéniture. Sa première maîtresse à l'école maternelle fera une dépression nerveuse. Une pétition est même signée par la moitié de la ville, contraignant M. et Mme L. à quitter leur excellent logement de fonction pour une maison particulière cernée de thuyas.


Dans les années qui suivent, Pascal accomplit de brillantes études, tout en suivant des cours de piano et de karaté, où il ne tarde pas à exceller. Aussi est-il rapidement couvert de lauriers, de prix et de médailles, de diplômes et de certificats. Pourtant il n'aspire qu'à une chose : être couvert de femmes. Seulement voilà : une affreuse timidité le bloque irrémédiablement, le précipitant dans des crises de désespoir sourd d'où il essaie à une époque de se sortir en fréquentant le cercle de Rencontres Catholiques animé par l'abbé Boulmiche. On le retrouve donc tenant l'harmonium de l'église Saint-Germain pour la grand-messe du dimanche matin. Pas pour longtemps. Il découvre par hasard Memphis Slim et Franck Zappa. Dès lors, la tournure de plus en plus jazzy des cantiques et des alleluias finit par effrayer même les moins dévots et on lui conseille une autre activité dominicale.


Qu'à cela ne tienne : il fonde son premier groupe, Doudou et ses Dodues, où il tient la guitare et les claviers tandis que ses trois cousines se chargent des choeurs et des petites percussions. Après quelques concerts retentissants à la MJC, le groupe éclate, les cousines se marient et lui est consigné à la maison pour réviser ses épreuves du bac. Il donne l'impression de se plier à la discipline paternelle mais, en réalité, il sort la nuit avec deux loubards locaux, Ram... et Dub..., et couvre les murs du cimetière de graffitis subversifs. Par ailleurs, il entretient une correspondance intensive avec Alain Krivine. C'est sa période gauchiste. Elle fera long feu : lors d'une réunion secrète, sa version jazz de l'Internationale déplaît aux camarades et il est exclu pour révisionnisme.


Revenu de la religion et de la politique, Pascal traverse une période douloureuse où il ne sait plus très bien qui il est, ni où il va, ni d'où il vient, ni s'il y a encore de la bière dans le frigo. Il faudra cette merveilleuse rencontre avec une jeune femme brune pour le remettre sur les rails.


Dès lors, tout lui réussit : il rentre au Top 50 avec Love me Love moi, signe la musique de Tchao Papin et lance avec succès le groupe Rita Mitsouko qu'il avait repéré dans un piano-bar, à Crevant. Mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel est qu'il est devenu père de famille, père de trois beaux garçons, performance qui lui vaut de recevoir ce soir le trophée décerné au meilleur reproducteur de la flamboyante génération de 1960 !

Par Professeur Patrigeon Et Son Equipe
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Vendredi 1 avril 2005
Tasox News - La nouvelle est tombée ce matin et a rapidement fait le tour des salles de presse du monde entier, causant un émoi légitime. Albert Vyl, le célèbre tason qui avait disparu peu après la chute du Mur de Berlin, l'ineffable auteur de "Je n'y suis pour rien", se cachait sous les traits du scientifique Albert Jacquart !


La stupéfiante ressemblance a interloqué tout le monde : comment a-t-on pu ne pas s'en apercevoir avant ? Il y avait pourtant des indices... Tout récemment, Albert Vyl-Jacquart, dans sa chronique quotidienne sur France-Culture, s'en prenait à la Formule 1 :

Mardi  Albert Jacquard se révolte ici contre le championnat du monde de Formule 1 : exhaltation absurde de la vitesse, goût d'un public fanatique pour les carambolages, gâchis du pétrole.
Un spectacle qui contribue à la dégradation de notre planète.

N.B : On notera que sur le site de France-Culture, on ne sait pas écrire exaltation sans faute d'orthographe...

En tout cas, ce cri contre la vitesse ne pouvait venir que d'un authentique Tason...


Par Pat Laye
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Samedi 9 avril 2005




Par Robin Plackert
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Dimanche 10 avril 2005

Roland, certes, était un tason de la belle espèce, mais ce qu'on sait moins c'est que Charlemagne, malgré ses grands airs, n'était pas mal non plus. L'épisode de l'expédition en Espagne mérite qu'on s'y penche d'un peu plus près. Charlemagne est allé là-bas à la suite d'une plainte du gouverneur musulman de Saragosse, le wali Suleyman Ibn-Al-Arabi, qui n'avait pas hésité pour cela à faire le chemin jusqu'au palais de Paderborn, en Saxe. Faut croire qu'il en avait gros sur la patate, le wali... En fait, il en voulait pour je ne sais quelle raison à l'émir de Cordoue Abd er-Rahman 1er.

Charlemagne, rusé comme un George Bush, se dit qu'en intervenant contre l'émir,il ferait plaisir au calife de Bagdad (eh oui, Carolo, encore une histoire de calife...) dont Abd er-Rahman rejette l'autorité (ils ont surtout un ennemi commun : l'empereur chrétien deByzance). Et puis, il prétend donner un coup de main aux roitelets chrétiens de la péninsule.

Au printemps 778, l'arméedes Francs franchit pour la première fois les Pyrénées et s'installe pour partie à Pampelune. Là, déception : en réalité, les chrétiens, comme dans tous les pays musulmans, ont un statut de protégés (dhimmi), et même s'ils sont soumis à de lourdes taxes, ne sont pas en rebellion ouverte avec leurs occupants, qui sont par ailleurs plutôt bons princes.


Une image qui a bercé  notre enfance... Ah, Durandal...

Allez donc dans ces conditions vous présenter comme un libérateur... En plus, le fameux wali a été remplacé à Saragosse.

Comble de déveine: alors même que l'émir de Cordoue fait route pour l'affronter, Charlemagne apprend que Witukind, cet enfoiré de chef saxon, a lâchement profité de son absence pour se rapprocher du Rhin. Et ça, Charlemagne, il aime pas ça du tout, qu'on touche à son Rhin.

Pour faire bonne figure, il fait donc raser les murailles de Pampelune et remonte fissa vers le Nord pour mettre une raclée au saxon. Et c'est là, au passage des Pyrénées, que des Basques insoumis (et non des Sarrasins, comme on l'a chanté plus tard), assaillent un convoi d'arrière-garde.

L'incident ne mérite que quelques lignes dans les Annales Royales. On signale bien la mort de quelques nobles dont celle d'un obscur préfet de la Marche de Bretagne, le dit Roland, mais on n'en fait pas tout un fromage.

Ce sont ces tasons de troubadours, 300 ans plus tard, qui font mousser le fait divers et concoctent avec cet épisode somme toute ridicule le plus célèbre poème du Moyen Age, la Chanson de Roland.

Par Robin Plackert
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Dimanche 1 mai 2005

Samedi après-midi. Coup de fil du Baroudeur. Albert Vyl a été vu à Neuvy. De source sûre, sera à Cluis pour la grandeTasonnerie Lumassière. Mon sang ne fait qu'un tour, je saute dans la bagnole, je fonce chercher le Baroudeur en villégiature chez sa mère, et nous voilà deux heures plus tard dans les rues cluisiennes à la recherche du plus fuyant des tasons historiques.

Tout ça me paraît trop simple. Après des années de quête inutile,Vyl s'afficherait donc impunément dans la cité de son enfance... Je n'ose y croire. Mes craintes sont fondées car le premier plan s'avère pourri. Vyl devait être visible au domicile de sa vieille maman jusqu'à 21 heures où il devait s'occuper de sa progéniture. Mais la vieille maman est seule avec sa petite-fille, avec qui elle regarde un DVD de L'Esquive, en n'entravant que pouic, la pauvre, au langage banlieue des acteurs du film. Fine mouche, elle essaie de nous retenir, mais on ne craque pas et on lui fait même lâcher le morceau : son Albert est chez Saxo.

Saxo : le grand caïd de la Coterie du Luma, le Pape de l'Escargot, le big boss quoi. QueVyl soit en cheville avec lui ne nous étonne pas le moins du monde. On traverse crânement la fête foraine plus déterminés que jamais. Je surprends quand même le Baroudeur à lorgner en passant sur les beignets. Le beignet à la crème de marron, c'est son péché mignon. Là, il a résisté, mais pour combien de temps ?

Bien entendu, chez Saxo,c'est rateau. Le rade est plein de gaziers mais vide de Vyl. On filealors à l'Atrium, où Carmel Oisir a exposé le mois dernier. Là, on n'aime pas trop le luma, c'est ambiance familiale. Le Pierrot et la Sarah nous accueillent fort gentiment, nous régalent d'un petit picrate bien sympathique mais affectent de ne rien savoir sur les déplacements du loustic.On hésite à les travailler un peu au chalumeau, lorsque soudain éclatent les flonflons du défilé de chars.


 

 

Bon, des chars il y en adeux : le traditionnel Luma et le char pyromachin avec feux d'artifice, lâchers de bulles et musique tonitruante. Et leRéveil Cluisien devant ou derrière, je ne sais plus. Lecarnaval des riaux, la liesse populaire... Sur le trottoir, on a quand même le plaisir de retrouver la charmante Sophie D...avec son ami Alain. Bien entendu, ils n'ont pas croisé A. V.On reste calmes avec le Baroudeur et on décide de faire unedescente chez William, une sorte de Huggy-les-Bons- Tuyaux cluisien.

Une petite maison rue duPont-Paillard. Dans le jardin : toute la famille dudit William, plus Tino, le propre frère de Vyl, un coriace, qui protègera son frangin jusqu'au bout, on ne se fait pas d'illusion. Rien à dire sur l'accueil : petit Côtes-du-Rhône gouleyant, topette affriolante. Il est visible qu'on cherche à nous endormir. On y réussit d'ailleurs : entre deux rasades, le Baroudeur plonge dans les bras de Morphée. Seule la promessed'un beignet le ramènera à la pleine conscience. En tout cas, il est plus de minuit et on est toujours bredouilles.

Ni une ni deux : on embarque tout le monde et cap sur la fête. Un petit détour par le marchand de beignets (qui ne propose pas de crème de marron) et nous voilà au café de l'Union. Pratiquement le dernier espoir de dénicher notre lascar. Hélas, là encore, pas l'ombre d'un crâne rasé. Que de gentils jeunes gens qui prétendent ne rien savoir, et veulent vous emmener au bal, histoire de mettre en berne vos derniers restes de lucidité. A deux heures du mat, on s'avoue vaincus. Vyl encore une fois, tel le Fantômas du bocage, nous a menés en bateau. A deux heures et demi du matin, nous mettons un terme à notre cabotage nocturne et bistrottier. Le mystère Vyl reste entier.




Par Grotaz
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Vendredi 6 mai 2005


Marcel est également  évoqué avec subtilité dans l'album de Serge Clerc, Les Limaces rouges.



Je ne saurais trop vous recommander la lecture de cet excellent album, où l'on sent bien l'influence de Carmel Oisir :


Par Professeur Patrigeon Et Son Equipe
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