Discours du PPESE, Février 1999 (suite et fin).
"Je voudrais ici clamer mon admiration pour ces dégustateurs hors-pair que sont MM. Christophe C
et Patrice C.... , les Gault et Millau de la basse bibine, capables d'une seule lapée de reconnaître un Kiravi d'un Préfontaines ; un Vin des Amis d'une Cuvée du Patron, un rosé en pichet d'un pif en sachet. D'un seul frétillement de narine, ils déterminent la coopérative de production, et d'un seul regard expert sur la robe rubis d'un breuvage de la CEE, ils vous donnent le nom des différents pays ayant généreusement collaboré à l'ouvrage. Chapeau, les gars !

Un bon graisseur, une bonne graisse, que nous manque t-il ? Le bon geste. Attention, il convient d'ignorer le verre, funeste invention dont la médiation inopportune ne peut qu'atténuer les effets retasonisants d'un bon graissage. Je l'affirme sans ambages, chers curistes, il faut boire au goulot, seule méthode naturelle car il est bien connu, ainsi que le déclarait déjà en son temps l'Illustre John V., que le naturel revient toujours au goulot. Et pour bien boire au goulot il faut savoir lever le coude. Ce n'est pas si simple.
Un bon leveur de coude, c'est sans conteste le redouté truand limougeaud Bruno A
. Sa réputation, il l'a construite dans les bouges de Haute-Vienne en levant le coude comme un forcené. Je ne saurais trop vous recommander un stage en sa compagnie de lever de coude avec musculation intensive du deltoïde, ce muscle de l'épaule qui s'attache à l'articulation acromio-claviculaire et qui a pour action d'élever le bras en l'écartant du tronc et le portant dans la direction horizontale (je précise car il ne convient pas d'oublier que nous sommes dans le cadre d'un exposé scientifique).
J'en profite pour ajouter que la seule alternative scientifiquement raisonnable au fléau du dopage qui gangrène le sport moderne est le recours massif au graissage tasonothérapique. Il n'est plus permis d'hésiter : à la nandrolone opposons le Côtes-de-Beaune, à l'EPO le Vin de Pays de L'Hérault et aux anabolisants une vieille cuvée de Châteaumeillant.
Malheureusement, la technique basique de graissage ne suffit pas lorsqu'on affaire à des cas lourds, voire quasi incurables comme ceux d'anciens tasons ayant négligé leur cure annuelle. Deux ans d'intoxication ne s'effacent pas avec un graissage simple, dit de niveau 1. Il faut avoir recours ni plus ni moins qu'à une trithérapie : blanc, rouge, rosé. J'appelle donc MM. Hervé d'A
et Christophe B
pour qu'il soit procédé à une démonstration in vivo de la puissance de cette thérapie nouvelle.
Avec elle, est née une nouvelle génération de graisseurs : j'appelle MM. Jean-Marc D
et Pascal L
qui reviennent de stages de graisseurs en trithérapie. Jean-Marc a graissé le mammouth au Jardin des Plantes, au grand dam de son cher ministre tandis que Pascal a travaillé au Costa Ricard sur une trithérapie tropicale et originale : tequila-mescal- bourbon fraise.
Pour conclure,je voudrais affirmer avec la plus grande fermeté qu'il est scandaleux que ces cures de tasonothérapie ne soient pas remboursés par la Sécurité Sociale. Jusqu 'à quand les pouvoirs publics ignoreront-ils nos travaux et nos résultats ? Soyez en tout cas certains que nous demeurerons, moi et mon équipe, toujours fidèles à notre devise : TASONO ERGO SUM !
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