Non, je n'entame pas une série bêtes sauvages, mais le hasard a mis une nouvelle fois sur ma route un de ces animaux qu'on croise rarement sur le réseau routier. Ce matin, entre Mâron
et Sassierges Saint-Germain, entre les vastes champs de blé sous la houle tenace du vent d'est, ce n'était hélas pas un caprin caracolant et curieux, mais un lourd bestiau gisant sur le
goudron : un blaireau sans doute percuté par une voiture ou un camion, avec juste un peu de sang sur la gueule. Ma tendresse pour l'animal ne vient pas seulement de ce qu'il signe étymologiquement
mon patronyme, j'aime sa silhouette trapue, sa vêture noire et blanche, sa vigueur. Je me suis arrêté, et je l'ai tiré par la queue jusqu'au talus herbeux, surpris presque par le poids, la densité
de la bête. Seule une traînée rougie sur le bitume témoignait encore de l'accident.
Pendant ce temps-là, Alain Delon recueille un
sanglier. Qui l'aurait cru si
sensible à la beauté cachée des laies ?
Par Le Nomade Pédagogique
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Publié dans : Vie tasonne
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